---
title: "Droit à la réparation : ce que la directive impose aux fabricants"
description: "Directive 2024/1799 (right to repair) : applicable depuis juillet 2026, elle oblige le fabricant à réparer lave-linge ou smartphone hors garantie. La France, mise en demeure le 25 septembre…"
canonical: https://projetcelsius.com/blog/droit-a-la-reparation-fabricants/
author: "Guillaume Pakula"
datePublished: 2026-09-28
dateModified: 2026-09-28
language: fr
---

# Droit à la réparation : ce que la directive impose aux fabricants

**Auteur** : Guillaume Pakula
**Publié le** : 2026-09-28
**Rubrique** : Réglementation
**Temps de lecture** : 14 min
**URL canonique** : https://projetcelsius.com/blog/droit-a-la-reparation-fabricants/
**Source** : Projet Celsius (https://projetcelsius.com) - cabinet de conseil en stratégie carbone, bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille.

> Avec la [directive (UE) 2024/1799](https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2024/1799/oj), la réparabilité imposée par les règlements d'écoconception se double d'**une obligation de service** : le fabricant doit réparer, à un **prix raisonnable**, les produits qu'il a dû concevoir réparables. La France n'a pas encore transposé le texte, mais les produits visés et les **durées des pièces détachées** sont fixés au niveau européen. Le chantier commence **au bureau d'études**, qui décide du coût des réparations et du **gain d'empreinte carbone**.

La directive européenne sur la réparation des biens, que les États membres doivent appliquer depuis le **31 juillet 2026**, oblige les fabricants de lave-linge, de réfrigérateurs, de téléviseurs, de smartphones et de 7 autres familles de produits à **réparer hors garantie, à un prix raisonnable**, tant que leurs pièces détachées doivent rester disponibles : **de 5 à 10 ans** selon les produits. Elle leur interdit de refuser une réparation parce qu'un réparateur indépendant est déjà intervenu, ou de bloquer l'usage de **pièces compatibles ou d'occasion**.

En France, ce **droit à la réparation** attend encore sa loi de transposition, et la Commission européenne a mis la France en demeure le **25 septembre 2026**, comme 17 autres États. Ce retard ne dispense pas les industriels de se préparer : la liste des produits, la durée des pièces et l'interdiction d'entraver la réparation découlent déjà de **règlements européens d'application directe** et du code de la consommation.

## Qu'est-ce que le droit à la réparation européen ?

Le droit à la réparation réunit les règles européennes qui rendent la réparation **plus simple et plus avantageuse que le remplacement**. Sa pièce centrale est la **directive (UE) 2024/1799** du 13 juin 2024, qui agit avant et après l'expiration de la garantie légale.

La Commission a chiffré l'enjeu en présentant sa proposition : chaque année dans l'Union, les biens jetés alors qu'ils étaient encore réparables représentent **35 millions de tonnes de déchets**, 30 millions de tonnes de ressources consommées et **261 millions de tCO2e** d'émissions, et les consommateurs perdent près de **12 milliards d'euros** en remplaçant plutôt qu'en réparant.

### Pendant la garantie légale : 12 mois de plus si l'on répare

Quand un défaut est couvert par la **garantie légale de conformité** et que le consommateur choisit la réparation plutôt que le remplacement, la directive **prolonge une fois la garantie de 12 mois**, pour l'ensemble du produit. Le vendeur doit l'informer de ce droit avant d'intervenir, et peut lui prêter gratuitement un appareil pendant la réparation. La directive la réserve aux contrats conclus à partir du 31 juillet 2026 ; en France, où elle attend sa transposition, elle remplacera l'**extension de 6 mois** prévue aujourd'hui par le code de la consommation.

### Après la garantie : une obligation de réparer pour les fabricants

La nouveauté majeure intervient une fois la garantie expirée, ou pour un défaut qu'elle ne couvre pas, comme une chute. Le consommateur peut alors exiger du **fabricant** qu'il répare son produit, si celui-ci relève d'une famille soumise à des **exigences de réparabilité** européennes. La réparation est gratuite ou payante, et le fabricant ne peut la refuser que si elle est **matériellement ou juridiquement impossible** : le coût des pièces ne suffit pas à justifier un refus.

### Une obligation de service adossée aux règlements d'écoconception

La directive ne dit pas comment concevoir un produit réparable. Ce sont les **règlements d'écoconception**, adoptés produit par produit depuis 2019 puis dans le cadre du [règlement européen sur l'écoconception des produits durables](/blog/espr-ecodesign-sustainable-products-regulation-guide/), qui imposent des pièces détachées pendant une durée minimale, un démontage avec des outils courants et l'accès des réparateurs aux notices. La directive transforme cette réparabilité technique en **obligation de service**, et cette articulation fixe à la fois **la liste des produits et la durée de l'obligation**.

## Les 11 familles de produits que les fabricants doivent réparer

L'obligation ne concerne que les produits de l'**annexe II** de la directive, qui recense les textes européens imposant des exigences de réparabilité. La liste comptait 10 familles à l'adoption du texte ; la [directive déléguée (UE) 2026/74](https://eur-lex.europa.eu/eli/dir_del/2026/74/oj), publiée le 20 avril 2026, y a ajouté les **appareils de chauffage décentralisés domestiques**.

- **Gros électroménager** : lave-linge et lave-linge séchants, sèche-linge à tambour, lave-vaisselle, réfrigérateurs, congélateurs et caves à vin.
- **Écrans et terminaux** : téléviseurs et moniteurs, smartphones, téléphones portables et sans fil, tablettes.
- **Autres équipements électriques** : aspirateurs, matériel de soudage, serveurs et produits de stockage de données.
- **Mobilité légère** : vélos et trottinettes électriques, pour leur batterie.
- **Chauffage d'appoint et décentralisé** : radiateurs et convecteurs électriques, appareils au gaz ou au fioul jusqu'à 50 kW.

L'obligation ne joue que pour les biens achetés par un **consommateur** : un fabricant qui vend exclusivement à des professionnels, de serveurs par exemple, n'est pas tenu de réparer au titre de la directive, comme le confirment les [questions-réponses de la Commission](https://commission.europa.eu/document/download/2d443b31-dc2a-4e54-a9ec-5fbb61c895e9_en?filename=2024_07_18_QA_Right2repair_FINAL.pdf). Elle concerne en revanche les fabricants **établis hors de l'Union** dès lors que leurs produits sont vendus sur le marché européen.

### Une durée calée sur la disponibilité des pièces

Le fabricant doit réparer **aussi longtemps que le règlement de son produit l'oblige à fournir des pièces détachées**, pour les défauts qui touchent ces pièces : **10 ans** après la mise sur le marché de la dernière unité pour un lave-linge, 7 ans pour un smartphone ou un téléviseur. La Commission résume l'ensemble par une fourchette de **5 à 10 ans**, et précise que l'obligation vaut aussi pour les **appareils achetés avant le 31 juillet 2026**.

Le régime est particulier pour 2 familles. Le règlement des aspirateurs ne fixe aucune durée de pièces, seulement des exigences de durabilité, dont une **durée de vie du moteur d'au moins 500 heures**, ce qui rend l'étendue de l'obligation difficile à cerner. Pour les vélos et trottinettes électriques, la **batterie remplaçable** par un professionnel indépendant, disponible 5 ans comme pièce détachée, n'est exigée qu'à partir du **18 février 2027**, comme le détaillent notre article sur [les batteries amovibles](/blog/batterie-amovible-passeport-batterie-2027/) et notre guide du [règlement européen sur les batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/).

> **Note** : La liste va s'allonger : le plan de travail européen de l'écoconception prévoit pour 2027 une exigence **horizontale de réparabilité, notation comprise**, qui pourrait couvrir l'électronique grand public et les petits appareils ménagers. Chaque nouveau texte doit entrer dans l'annexe II au plus tard 12 mois après sa publication.

## Réparer à un prix raisonnable, sans entraver les réparateurs indépendants

L'article 5 de la directive fixe les conditions de la réparation et encadre la façon dont le fabricant gère ses pièces, ses logiciels et ses relations avec les autres réparateurs. Il ne fixe **aucun tarif** : c'est au fabricant de bâtir une offre qui respecte ces exigences.

### Un prix et un délai raisonnables

La réparation doit être réalisée **dans un délai raisonnable**, gratuitement ou **à un prix raisonnable**, que la directive définit par son effet : il ne doit pas dissuader le consommateur de la demander. Ce prix peut couvrir la main-d'œuvre, les pièces, l'atelier et une marge habituelle. Le fabricant **peut sous-traiter** la réparation à un atelier proche du client en restant responsable, prêter un appareil pendant l'intervention et proposer un **produit reconditionné** si la réparation se révèle impossible.

### Des prix indicatifs publiés, des pièces vendues à un prix raisonnable

Le fabricant doit publier sur un **site internet en accès libre** les prix indicatifs de ses réparations types, et informer gratuitement sur ses services pendant toute la durée de l'obligation, par exemple via le [passeport numérique produit](/blog/passeport-numerique-produit-dpp-industriels/). Les pièces et outils qu'il vend pour ces produits, obligatoires ou non, doivent eux aussi être proposés à un **prix qui ne décourage pas la réparation**.

### Pièces compatibles, d'occasion ou imprimées en 3D

Le fabricant ne peut utiliser **aucune clause contractuelle ni technique matérielle ou logicielle** qui entrave la réparation, sauf motif légitime et objectif comme la protection de la propriété intellectuelle. Il ne peut pas empêcher un réparateur indépendant d'utiliser des pièces d'origine, **de seconde main, compatibles ou imprimées en 3D** conformes au droit applicable, ni refuser une réparation au seul motif qu'un tiers ou le client lui-même est **déjà intervenu sur l'appareil**.

> Le fabricant ne peut refuser une réparation que si elle est impossible : ni le coût des pièces ni l'intervention antérieure d'un réparateur indépendant ne constituent un motif valable.

Les smartphones et les tablettes suivent une règle propre pour une partie de leurs pièces. Leur [règlement d'écoconception](https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/1670/oj) tolère l'**appairage logiciel** d'une pièce à l'appareil, pour l'écran ou les caméras par exemple, à condition de donner aux réparateurs professionnels, et pour certaines pièces aux particuliers, un **accès non discriminatoire** aux outils qui rétablissent toutes les fonctions. Pour ces pièces, la Commission fait primer ces règles spécifiques sur la directive.

### Fabricant hors de l'Union : le mandataire, puis l'importateur

Quand le fabricant est établi hors de l'Union, l'obligation passe à son **mandataire** dans l'Union, à défaut à l'**importateur**, et en dernier ressort au **distributeur**. Un importateur d'aspirateurs ou de téléviseurs, ou une enseigne qui achète en direct à un fabricant asiatique peut donc devoir **organiser la réparation de marques qu'il ne fabrique pas**, comme il porte déjà les [obligations REP](/blog/rep-filieres-liste-eco-contribution/) de ces produits.

## Formulaire européen et plateforme : 2 outils facultatifs pour les réparateurs

Pour aider le consommateur à comparer les offres, la directive crée **un devis normalisé et une plateforme en ligne**, ouverts à tout réparateur, fabricant, vendeur ou indépendant. Aucun des 2 n'est obligatoire, mais le devis engage celui qui le remet.

### Le formulaire européen d'information sur la réparation

Le **formulaire européen d'information sur la réparation** suit le modèle de l'annexe I de la directive. Il indique l'identité du réparateur, le défaut, le type de réparation, le **prix ou son plafond**, le délai, la disponibilité d'un appareil de remplacement et le lieu de dépôt.

Il est remis gratuitement, sauf le diagnostic, qui peut être facturé si le client en est prévenu. Ses conditions sont **figées pendant 30 jours** : si le client les accepte, le réparateur doit réparer aux conditions annoncées. Un formulaire complet vaut aussi **respect des obligations d'information précontractuelle**.

### La plateforme européenne de la réparation

La Commission doit créer au plus tard le **31 juillet 2027** l'interface commune d'une plateforme européenne où le consommateur trouvera des réparateurs et, selon les États, des vendeurs de produits reconditionnés ou des initiatives de réparation participative ; elle en annonce la mise en service en **janvier 2028**. L'accès sera gratuit, l'inscription **volontaire pour les réparateurs**, et un État doté d'une plateforme nationale couvrant tout son territoire pourra la relier au dispositif européen.

## Droit à la réparation en France : où en est la transposition ?

La France n'a pas transposé la directive à la date prévue du 31 juillet 2026. Pour un fabricant, la question pratique consiste à distinguer **ce qui s'impose déjà** de ce qui attend la loi.

### Une mise en demeure le 25 septembre 2026

Au 28 septembre 2026, **aucun texte de transposition n'a été publié**. Le site [service-public.fr](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A19033) indiquait le 10 septembre que les travaux étaient en cours, et le projet de loi d'adaptation au droit de l'Union adopté par le Sénat en février 2026, qui transpose la directive [EmpCo](/blog/empco-cest-quoi-directive-ue-2024-825/), ne comporte pas ces dispositions.

Le **25 septembre 2026**, la Commission a adressé une **lettre de mise en demeure** à la France et à 17 autres États pour défaut de transposition de la directive et de sa directive déléguée ([décision du 25 septembre 2026](https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/inf_26_1834)). Les États ont 2 mois pour répondre avant un éventuel avis motivé. Les **9 autres États**, dont l'Allemagne et l'Autriche, ont notifié une transposition complète : un fabricant qui y vend ses produits doit déjà composer avec leur loi nationale.

Selon une jurisprudence constante de la Cour de justice de l'Union européenne, une directive non transposée ne peut pas, à elle seule, créer d'obligations à la charge d'un particulier, entreprise comprise. Tant que la loi n'est pas votée, **l'obligation de réparer hors garantie** et la prolongation de 12 mois ne sont donc pas opposables aux fabricants en France, le juge étant seulement tenu d'interpréter le droit existant à la lumière de la directive. Le texte étant d'**harmonisation maximale**, la loi française reprendra la liste des produits et les durées européennes sans pouvoir les modifier.

### Ce qui s'applique déjà

L'essentiel des obligations techniques est pourtant en vigueur. Les **règlements d'écoconception** sont d'application directe : durées de disponibilité des pièces, délais de livraison et accès des réparateurs aux notices s'imposent déjà à tout metteur sur le marché. Le code de la consommation (article L. 111-4) oblige en outre le fabricant à informer sur la disponibilité des pièces et, pendant la période annoncée, à les livrer **en 15 jours ouvrables** aux réparateurs, agréés ou non.

Le même code interdit depuis la loi anti-gaspillage de 2020 **toute technique, y compris logicielle**, visant à rendre la réparation impossible hors des circuits agréés ([article L. 441-3](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044330822)), ainsi que les accords qui limitent l'accès des réparateurs aux pièces, aux notices ou aux logiciels. Ces délits, comme l'obsolescence programmée, sont punis de **2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende**, montant qui peut être porté à 5 % du chiffre d'affaires annuel moyen.

### Indices de réparabilité et bonus réparation

La France a aussi ses outils propres. L'**indice de réparabilité**, note sur 10 affichée en magasin et en ligne, couvre encore 5 catégories selon le ministère : ordinateurs portables, tondeuses électriques, lave-vaisselle, aspirateurs et nettoyeurs haute pression. L'**indice de durabilité**, qui ajoute des critères de fiabilité, l'a remplacé pour les téléviseurs et les lave-linge en 2025. Les smartphones et les tablettes mis sur le marché depuis le 20 juin 2025 affichent une **classe de réparabilité de A à E** sur l'étiquette énergie européenne.

Côté consommateurs, le **bonus réparation**, financé par les fonds de réparation des éco-organismes, a soutenu environ **1,5 million de réparations** depuis décembre 2022. Au barème de l'ADEME mis à jour le 24 août 2026, il retire **50 €** de la facture d'un lave-linge ou d'un lave-vaisselle, 60 € pour un téléviseur et 25 € pour un smartphone. La directive cite ce type de fonds parmi les **mesures de promotion de la réparation** que chaque État doit prendre.

## Garder un smartphone 2 ans de plus réduit de 44 % son empreinte annuelle

Pour un fabricant, la réparabilité devient **un paramètre de conception qui se mesure** : en allongeant la durée de vie du produit, elle répartit l'impact de sa fabrication sur davantage d'années d'usage.

### La durée de vie, variable clé de l'analyse de cycle de vie

Une [analyse de cycle de vie](/blog/acv-vs-bilan-carbone/) rapporte les impacts d'un produit à un service rendu, l'unité fonctionnelle, par exemple « laver le linge d'un foyer pendant un an ». Si la réparation fait passer la durée d'usage de 10 à 12 ans, **l'impact de la fabrication se répartit sur 12 années** au lieu de 10, et l'empreinte annuelle baisse d'autant plus que la fabrication pèse lourd dans le total.

Ce raisonnement permet de comparer 2 conceptions : un appareil **plus lourd à fabriquer mais réparable** peut l'emporter sur un modèle plus léger jeté à la première panne. La durée de vie retenue pèse donc lourd dans toute empreinte produit, qu'elle suive une [ACV classique ou la méthode PEF](/blog/pef-acv-empreinte-carbone-produit-methode/) ou les [règles de calcul d'un passeport numérique](/blog/dpp-methode-calcul-environnemental/).

### Ce que montrent les données de l'ADEME

Nous avons refait le calcul à partir des données publiques de l'ADEME ([Impact CO2](https://impactco2.fr/outils/electromenager)), qui donnent pour chaque appareil l'empreinte de fabrication, d'usage et de fin de vie, ainsi qu'une durée de vie de référence. Pour un smartphone, **la fabrication, distribution comprise, représente 99 % de l'empreinte** : le garder 4,5 ans au lieu de 2,5 réduit son empreinte annuelle de **44 %**, de 32 à 18 kgCO2e par an.

Pour un lave-linge, dont l'usage pèse plus de 40 % du total, 2 ans de plus sur 12 ne font gagner que **8 %**. Le levier est maximal sur l'électronique, dont l'impact se concentre dans la fabrication, comme le montre notre article sur [l'empreinte carbone du numérique](/blog/empreinte-carbone-numerique-entreprise/). En France, où l'électricité est peu carbonée, la fabrication pèse même **76 % de l'empreinte d'un réfrigérateur**.

Le calcul donne un ordre de grandeur : il n'intègre ni l'impact de la pièce remplacée ni le déplacement vers l'atelier, et suppose que l'appareil réparé n'est pas remplacé par un modèle nettement plus sobre. Il suffit pourtant à **hiérarchiser les efforts d'écoconception**, produit par produit.

## Par où commencer pour un fabricant ou un importateur ?

La liste des produits et les durées étant fixées au niveau européen, le travail de préparation n'a pas à attendre la loi française, et il commence par un inventaire précis des modèles concernés.

- **Recenser les modèles concernés** : pour chaque produit de l'annexe II, la date de mise sur le marché de la dernière unité et la durée de pièces de son règlement donnent la fin de l'obligation de réparer.
- **Organiser le service de réparation** : atelier propre, réseau agréé ou sous-traitants, délais tenables, prêt d'appareils et filière de reconditionnement pour les cas où la réparation échoue.
- **Fixer et publier des prix indicatifs** pour les réparations types, et revoir le prix des pièces et des outils au regard du critère de prix raisonnable.
- **Auditer les entraves** : clauses de réseau, appairage logiciel, refus liés à une intervention antérieure. Relire au passage les allégations de durabilité : la liste noire de la directive EmpCo vise le produit présenté comme réparable alors qu'il ne l'est pas, parmi d'autres [allégations interdites](/blog/allegations-environnementales-interdites/), et chaque promesse doit pouvoir être [prouvée](/blog/green-claims-prouver-allegation/).
- **Intégrer la réparabilité à l'écoconception** : démontage, standardisation des pièces, notices, mesurés par une ACV sur les produits phares dans une [démarche d'écoconception](/blog/demarche-eco-conception-7-etapes-guide-2026/) ; ces arguments comptent aussi face aux [acheteurs publics](/blog/marche-public-critere-environnemental-repondre/).

Pour nous, au Projet Celsius, l'erreur la plus coûteuse serait de traiter la directive comme un simple sujet de service après-vente : le coût d'une réparation, le prix des pièces et le temps d'intervention **se décident au bureau d'études**, et un produit difficile à démonter restera cher à réparer quel que soit le réseau mis en place.

Les fabricants qui ont mené une [première ACV produit](/blog/eco-conception-produit-premiere-acv/) disposent déjà des données de nomenclature et de durée de vie pour arbitrer. Les autres peuvent commencer par leurs produits phares [avec un budget maîtrisé](/blog/faire-acv-petit-budget/) : [le coût d'une ACV](/blog/combien-coute-acv/) dépend surtout du nombre de références et de la qualité des données, et [des aides publiques](/blog/aides-financement-transition-climat/) peuvent en financer une partie.

## Ce qu'il faut retenir

- **Applicable depuis le 31 juillet 2026**, la directive (UE) 2024/1799 oblige les fabricants de 11 familles de produits à réparer hors garantie, à un prix raisonnable.
- **La durée de l'obligation suit celle des pièces détachées** fixée par chaque règlement d'écoconception : de 5 à 10 ans après la mise sur le marché de la dernière unité.
- **Les entraves sont interdites** : pièces compatibles, d'occasion ou imprimées en 3D autorisées, aucun refus au motif d'une réparation indépendante antérieure.
- **La France n'a pas transposé la directive** et a été mise en demeure le 25 septembre 2026 ; l'obligation de réparer y attend la loi, mais les obligations sur les pièces et l'interdiction des techniques qui bloquent la réparation s'appliquent déjà.
- **La réparabilité se mesure** : d'après les données de l'ADEME, 2 ans de vie en plus réduisent de 44 % l'empreinte annuelle d'un smartphone.

Pour situer la directive parmi les autres obligations produit, [notre panorama de l'écoconception réglementaire](/blog/ecoconception-reglementaire-espr-dpp-calendrier/) relie ESPR, passeport numérique et affichage environnemental, et [notre offre d'analyse de cycle de vie](/offres/analyse-cycle-de-vie/) permet de chiffrer ce que la réparabilité change pour vos produits.

## Questions fréquentes

### Le droit à la réparation est-il déjà applicable en France ?

Partiellement : la directive (UE) 2024/1799 devait être transposée au 31 juillet 2026, mais aucune loi française n'était publiée au 28 septembre 2026 et la Commission a mis la France en demeure le 25 septembre. L'obligation de réparer hors garantie et la prolongation de 12 mois de la garantie légale attendent donc la loi. Les obligations sur les pièces détachées des règlements d'écoconception et l'interdiction des techniques qui empêchent la réparation (article L. 441-3 du code de la consommation) s'appliquent déjà.

### Quels produits sont concernés par l'obligation de réparation ?

Les 11 familles de l'annexe II de la directive : lave-linge et lave-linge séchants, sèche-linge, lave-vaisselle, appareils de réfrigération, téléviseurs et écrans, aspirateurs, matériel de soudage, serveurs et stockage de données, smartphones, téléphones et tablettes, vélos et trottinettes électriques pour leur batterie, et depuis 2026 les appareils de chauffage décentralisés domestiques. Seuls les biens achetés par des consommateurs sont visés.

### Pendant combien de temps le fabricant doit-il réparer ?

Aussi longtemps que le règlement d'écoconception du produit l'oblige à fournir des pièces détachées : 10 ans après la mise sur le marché de la dernière unité pour un lave-linge ou un sèche-linge, 7 ans pour un smartphone ou un téléviseur, 5 ans pour la batterie d'un vélo électrique à partir du 18 février 2027. La Commission retient une fourchette de 5 à 10 ans selon le produit et la pièce.

### Le fabricant peut-il facturer la réparation ?

Oui, à un prix raisonnable, c'est-à-dire qui ne dissuade pas le consommateur de la demander : il peut couvrir la main-d'œuvre, les pièces, l'atelier et une marge habituelle. Le fabricant doit publier des prix indicatifs pour ses réparations types sur un site en accès libre, et vendre ses pièces et outils à un prix qui ne décourage pas la réparation.

### Le formulaire européen d'information sur la réparation est-il obligatoire ?

Non : c'est un devis normalisé que tout réparateur peut choisir de remettre, gratuitement, sauf le diagnostic qui peut être facturé si le client en est prévenu. Une fois remis, ses conditions, prix compris, restent valables 30 jours, et le réparateur doit exécuter la réparation si le client les accepte.

### Quelle différence entre indice de réparabilité et indice de durabilité ?

L'indice de réparabilité est une note française sur 10 fondée sur la documentation, le démontage, la disponibilité et le prix des pièces ; il reste affiché pour 5 catégories, dont les ordinateurs portables et les lave-vaisselle. L'indice de durabilité y ajoute la fiabilité et l'a remplacé pour les téléviseurs et les lave-linge en 2025. Les smartphones et tablettes affichent désormais une classe de réparabilité de A à E sur l'étiquette énergie européenne. Aucun de ces indices ne se confond avec [l'affichage environnemental](/blog/affichage-environnemental-guide/), qui note l'impact global du produit.

## Sources


## Articles connexes

- https://projetcelsius.com/blog/espr-ecodesign-sustainable-products-regulation-guide/
- https://projetcelsius.com/blog/passeport-numerique-produit-dpp-industriels/
- https://projetcelsius.com/blog/eco-conception-produit-premiere-acv/

---

**À propos de Projet Celsius**

Projet Celsius est un cabinet de conseil en stratégie carbone, ACV produit et conformité réglementaire. Bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille, partenaire Bpifrance (Diag Décarbon'Action) et référencé ABC (Association pour la Transition Bas Carbone).

Outils gratuits : https://projetcelsius.com/outils/
Nos offres : https://projetcelsius.com/offres/
Contact : https://projetcelsius.com/contact/