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title: "Empreinte carbone d'une batterie lithium-ion : comprendre les hotspots et la réduire"
description: "...le pays de fabrication des cellules décide de 50 à 70 % de l'empreinte. Loin devant le transport et l'extraction. Hotspots, leviers, et obligations du règlement UE 2023/1542."
canonical: https://projetcelsius.com/blog/empreinte-carbone-batterie-hotspots-leviers/
author: "Guillaume Pakula"
datePublished: 2026-04-09
dateModified: 2026-05-27
language: fr
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# Empreinte carbone d'une batterie lithium-ion : comment réduire ?

**Auteur** : Guillaume Pakula
**Publié le** : 2026-04-09
**Rubrique** : Décryptage
**Temps de lecture** : 16 min
**URL canonique** : https://projetcelsius.com/blog/empreinte-carbone-batterie-hotspots-leviers/
**Source** : Projet Celsius (https://projetcelsius.com) - cabinet de conseil en stratégie carbone, bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille.

> « C'est quoi l'empreinte carbone de ma batterie ? » La vraie réponse est toujours « ça dépend d'où viennent vos cellules ». Pas du transport - du **pays de fabrication** et de son **mix électrique**. Ce guide fait le tri entre ce qui pèse vraiment (extraction, cathode, assemblage, mix énergétique), ce que dit la science récente, et ce que le [**règlement européen 2023/1542**](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/) impose dès maintenant en matière de **déclaration et de seuils maximaux**.

La batterie est le composant le plus scruté de la transition énergétique. Véhicules électriques, stockage stationnaire, mobilité légère - elle est partout. Et partout, la même question revient : **quel est son vrai bilan environnemental ?** Pas le bilan fantasmé des débats de comptoir ("les batteries polluent plus que le diesel"), mais le bilan mesuré, chiffré, documenté par la science.

La réponse courte : l'empreinte carbone d'une batterie **varie d'un facteur 2 à 3** selon l'endroit où elle est fabriquée, la chimie utilisée, et la source d'énergie de l'usine. Le transport intercontinental, lui, ne pèse que 3 à 5 % du total. Pour se faire une idée, consultez nos [ordres de grandeur carbone](/blog/ordres-de-grandeur-carbone/). C'est contre-intuitif, et c'est exactement le genre de résultat que l'[analyse de cycle de vie](/blog/pef-acv-empreinte-carbone-produit-methode/) est faite pour révéler.

Cet article passe en revue les vrais hotspots d'impact, les leviers de réduction qui marchent, les critères environnementaux au-delà du carbone, et ce que le [règlement batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/) européen impose. Pas de jargon inutile, des ordres de grandeur issus de la littérature scientifique récente et de nos missions terrain.

## Batterie lithium-ion : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de parler d'empreinte carbone, prenons un moment pour rappeler ce qu'on mesure exactement. Une batterie lithium-ion n'est pas un objet monolithique - c'est un **assemblage de composants** dont chacun a sa propre chaîne d'approvisionnement, sa propre géographie, et son propre poids dans le bilan environnemental.

### De la cellule au pack

L'unité de base, c'est la **cellule** : deux électrodes (une cathode, une anode), un électrolyte, un séparateur. C'est là que se passe la réaction électrochimique. Plusieurs cellules assemblées forment un **module**. Plusieurs modules, un système de gestion (le BMS), un boîtier et un circuit de refroidissement forment le **pack batterie** - le produit fini qui s'intègre dans un véhicule ou un système de stockage.

Pourquoi c'est important pour l'empreinte carbone ? Parce que **la cellule concentre 70 à 80 % de l'impact** du pack complet. C'est elle qui contient les matériaux critiques (lithium, nickel, cobalt, graphite), et c'est sa fabrication qui consomme le plus d'énergie. Quand on parle de réduire l'empreinte d'une batterie, on parle essentiellement de ce qui se passe au niveau de la cellule.

### Les grandes familles de chimie

Ce qui distingue une batterie d'une autre, c'est principalement sa **chimie de cathode**. Trois familles dominent le marché, et elles n'ont pas du tout le même profil environnemental.

- **NMC** (nickel-manganèse-cobalt) : la plus répandue dans les véhicules électriques et les systèmes industriels. Bonne densité énergétique (180-250 Wh/kg), mais dépendante du nickel et du cobalt - deux matériaux dont l'extraction est lourde.
- **LFP** (lithium-fer-phosphate) : en forte croissance, déjà 80 % du marché chinois. Pas de cobalt, pas de nickel. Densité énergétique plus faible (120-160 Wh/kg), mais durée de vie plus longue (3 000 à 5 000 cycles contre 1 000 à 2 500 pour la NMC) et empreinte carbone structurellement plus basse.
- **Sodium-ion** : l'alternative émergente. CATL a lancé la production de masse fin 2025. Pas de lithium, pas de cobalt, pas de nickel. Densité énergétique encore modeste (175 Wh/kg), mais matériaux abondants et géographiquement dispersés. Pertinente pour le stockage stationnaire et les véhicules légers.

On y reviendra en détail dans la section sur les leviers de réduction, mais retenez déjà ceci : **le choix de chimie est un choix environnemental**. Pas seulement un choix technique ou économique.

## Répartition de l'empreinte carbone d'une batterie : les vrais hotspots

C'est la question centrale de cet article, et la réponse surprend presque toujours. L'empreinte carbone d'une batterie se mesure en **kgCO₂e par kWh de capacité nominale** - c'est l'unité qui permet de comparer des batteries de tailles différentes. Le périmètre de référence du [règlement batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/) est le cradle-to-gate (du berceau à la sortie d'usine), avec une option de crédit pour le recyclage. Et quand on décompose ce chiffre, on découvre que les postes d'impact ne sont pas du tout répartis comme on l'imagine.

### Le poste matériaux : le plus lourd, de loin

L'extraction et le raffinage des matériaux actifs - cathode, anode, électrolyte, séparateur - représentent **40 à 60 % de l'empreinte totale**. C'est le poste dominant. Pour une chimie NMC, le nickel et le cobalt sont les deux contributeurs principaux : leur extraction est énergivore, géographiquement concentrée (RDC pour le cobalt, Indonésie pour le nickel), et les procédés de raffinage sont lourds. L'anode graphite (synthétique ou naturel) pèse aussi significativement.

C'est un point essentiel à comprendre : **une grande partie de l'empreinte d'une batterie se décide avant même que la cellule n'existe**, dans les mines et les usines de raffinage. Et c'est un poste sur lequel l'assembleur européen a peu de prise directe - sauf à travers le choix de chimie et le choix de fournisseur. C'est d'ailleurs ce que révèle systématiquement un [bilan carbone de site industriel](/blog/bilan-carbone-site-production-industriel/) quand on zoome sur les achats.

### La fabrication des cellules : le poste qu'on contrôle

La fabrication proprement dite - salle sèche, formation électrochimique, aging - représente **15 à 25 % de l'empreinte**. C'est un procédé extrêmement énergivore. La salle sèche tourne 24h/24 avec des besoins massifs en climatisation. La formation électrochimique (les premiers cycles de charge-décharge qui "activent" la cellule) consomme de l'électricité pendant des jours.

La conséquence est directe : **la source d'électricité de l'usine change tout**. La même cellule NMC fabriquée en Suède (mix décarboné) a une empreinte 40 à 60 % inférieure à la même cellule fabriquée en Chine (mix dominé par le charbon). Ce n'est pas un détail de spécialiste - c'est le premier levier de décarbonation sur lequel un industriel peut agir concrètement.

### Le transport : le faux coupable

C'est le résultat qui surprend systématiquement nos clients. Quand on accompagne un industriel sur sa première [ACV batterie](/blog/acv-batterie-industrielle-par-ou-commencer/), le réflexe est toujours le même : "les cellules viennent de Chine, c'est forcément le transport le problème". En réalité, le transport maritime intercontinental représente **3 à 5 % de l'empreinte totale**. Ce qui pèse dans une batterie fabriquée en Chine, ce n'est pas le trajet Shanghai-Rotterdam - c'est le charbon qui alimente l'usine de fabrication.

## Les chiffres clés : empreinte carbone par chimie et par pays

Les chiffres qui circulent sur l'empreinte carbone des batteries sont souvent datés, parfois contradictoires. Voici ce que disent les sources les plus récentes et les plus solides - celles sur lesquelles on peut fonder une décision industrielle.

La méta-analyse la plus complète à ce jour a été publiée dans **Nature Communications fin 2024**. Elle compile des centaines d'études et donne des empreintes médianes par chimie : environ **74 kgCO₂e/kWh pour la NMC**, **62 pour la LFP**, et **82 pour la NCA**. Mais ces médianes cachent une dispersion énorme : de **50 à plus de 110 kgCO₂e/kWh** selon la géographie et les conditions de production. L'écart vient principalement du mix électrique de fabrication et de l'origine des matériaux.

Le **JRC** (Joint Research Centre de la Commission européenne) a publié en 2025 une méthodologie de calcul standardisée pour les batteries industrielles. C'est elle qui sert de référence pour la déclaration réglementaire du [règlement batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/). Point important : cette méthodologie identifie la production des matériaux et la fabrication à grande échelle comme les deux **hotspots d'émissions** du cycle de vie. Rien de neuf sur le diagnostic, mais une standardisation qui permet enfin de comparer des pommes avec des pommes.

> **Note** : Selon un rapport **Greenpeace East Asia** de mi-2025, les émissions liées à la production de batteries ont diminué d'environ **16 %** ces dernières années, grâce aux économies d'échelle et à la décarbonation progressive des usines. Mais les progrès restent très inégaux : les meilleurs fabricants asiatiques rattrapent les niveaux européens, tandis que d'autres stagnent.

> Même chimie, même produit, un facteur 2 à 3 sur l'empreinte selon le pays de fabrication. Le mix électrique n'est pas un détail - c'est le paramètre dominant.

## Comment réduire l'empreinte carbone d'une batterie

La bonne nouvelle, c'est que l'empreinte d'une batterie n'est pas une fatalité - les industriels disposent de leviers concrets, hiérarchisables, et chiffrables. Voici les quatre principaux, classés par ordre d'impact décroissant.

### Le mix électrique de fabrication

De tous les leviers disponibles, c'est celui qui a le plus d'impact, et de loin. Les études convergent sans ambiguïté : produire des cellules dans un pays à grille décarbonée (Suède, France, Norvège) réduit l'empreinte de **40 à 60 %** par rapport à une production en Chine, **à technologie égale**. C'est un paramètre fondamental pour toute [stratégie de réduction](/blog/comment-reduire-bilan-carbone-entreprise/) industrielle européenne.

Les gigafactories européennes commencent à produire à l'échelle. **Verkor** a inauguré son usine de Dunkerque fin 2025, alimentée par le mix français décarboné. **ACC** (Douvrin) monte en puissance. Ces projets ne sont pas seulement des enjeux de souveraineté - ce sont des **leviers de décarbonation mesurables dans l'ACV**. Pour un assembleur, choisir un fournisseur de cellules européen améliore mécaniquement son score carbone. Et avec l'arrivée du [passeport numérique de produit](/blog/passeport-numerique-produit-dpp-industriels/) en février 2027, ce score sera public et comparable.

### Le choix de chimie

Passer d'une chimie NMC à une chimie **LFP** réduit l'empreinte d'environ **15 %** (62 vs 74 kgCO₂e/kWh en médiane). L'écart paraît modeste, mais il est structurel : il se cumule avec le levier géographique. Une LFP fabriquée en France combine les deux avantages. La contrepartie, c'est une densité énergétique plus faible - le pack est plus lourd pour la même capacité. Pour le **stockage stationnaire**, c'est souvent sans importance. Pour les véhicules, c'est un compromis à évaluer au cas par cas.

Côté sodium-ion, l'empreinte est comparable à la LFP avec un avantage sur les matériaux : l'anode en carbone dur émet nettement moins que le graphite synthétique des lithium-ion, et le sodium est abondant. L'[ACV](/blog/eco-conception-produit-premiere-acv/) permet de quantifier précisément l'arbitrage pour chaque application.

### La durée de vie et le recyclage

Allonger la durée de vie réduit l'empreinte **par kWh réellement délivré** sur toute la vie du produit. Un pack qui passe de 4 000 à 8 000 cycles divise par deux son empreinte normalisée, sans toucher à la fabrication. C'est l'effet de l'unité fonctionnelle en ACV - et c'est un levier que les concepteurs de systèmes batterie maîtrisent directement.

Le recyclage, lui, peut réduire l'empreinte totale de **5 à 15 %** via les crédits matière. Le [règlement batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/) fixe des paliers progressifs de **contenu recyclé** : déclaration obligatoire dès 2028, puis seuils minimaux (16 % de cobalt, 6 % de lithium et de nickel recyclés) en 2031. Pour les entreprises soumises au [BEGES](/blog/beges-obligatoire-guide-conformite/), ces données alimentent aussi la déclaration réglementaire. Les industriels qui sécurisent dès maintenant un approvisionnement en matériaux recyclés prennent de l'avance sur la conformité **et** sur le score ACV.

## Au-delà du CO₂ : l'analyse de cycle de vie multicritère

L'empreinte carbone est l'indicateur le plus médiatisé, mais **ce n'est pas le seul critère environnemental qui compte**. Une batterie qui affiche un bon bilan carbone peut très bien avoir un mauvais bilan sur d'autres dimensions - et inversement. C'est tout l'intérêt de l'analyse multicritère, qui permet de voir le tableau complet.

L'extraction du cobalt en RDC pose des problèmes de **toxicité humaine et écotoxicité** que le seul indicateur carbone ne capture pas. L'extraction du lithium dans les salars sud-américains a un impact majeur sur la **ressource en eau**. Le nickel indonésien extrait par laterite processing est associé à de la **déforestation** et à des rejets dans les milieux aquatiques. Ces impacts ne disparaissent pas parce qu'on fabrique la cellule en Suède avec de l'électricité décarbonée.

La méthodologie [PEF](/blog/pef-acv-empreinte-carbone-produit-methode/) (Product Environmental Footprint) européenne, qui monte en puissance sur les batteries, évalue **16 indicateurs d'impact** : changement climatique, mais aussi épuisement des ressources minérales, acidification, eutrophisation, utilisation d'eau, particules fines... C'est cette vision multicritère qui permet de faire des arbitrages éclairés. Passer d'une NMC à une LFP améliore le score carbone **et** le score toxicité (pas de cobalt, pas de nickel). Mais ça ne change rien à l'impact du lithium sur la ressource en eau.

> **Note** : L'ESPR ([règlement sur l'écoconception des produits durables](/blog/ecoconception-reglementaire-espr-dpp-calendrier/)) va progressivement imposer des exigences de performance environnementale multicritère sur les produits vendus en Europe, batteries incluses. Anticiper l'analyse multicritère dès la première ACV, c'est éviter de recommencer le travail quand les actes délégués ESPR tomberont.

> Une batterie avec un bon bilan carbone peut avoir un mauvais bilan toxicité ou eau. Le carbone ne dit pas tout - c'est pour ça que l'ACV multicritère existe.

## Ce que le règlement batteries impose sur l'empreinte carbone

Tous les leviers qu'on vient de décrire sont en train de passer du domaine de la bonne pratique à celui de l'**obligation réglementaire**. Le règlement (UE) 2023/1542 est le premier texte au monde qui impose une déclaration d'empreinte carbone vérifiée et un seuil maximal sur un produit manufacturé. Et il ne vient pas seul : la [CSRD](/blog/csrd-pme-guide-pratique/) impose en parallèle un reporting climat aux entreprises de plus de 250 salariés, ce qui multiplie les demandes de données [scope 3](/blog/scope-3-bilan-carbone-guide-complet/) en provenance des clients.

Le calendrier est déjà bien engagé. Depuis **février 2025**, les fabricants de batteries VE doivent fournir une **déclaration d'empreinte carbone** conforme à la méthodologie JRC, vérifiée par un organisme tiers. Depuis **février 2026**, cette obligation s'étend aux **batteries industrielles de plus de 2 kWh**. Le [passeport numérique de produit](/blog/passeport-numerique-produit-dpp-industriels/) sera obligatoire en **février 2027**.

Mais l'échéance la plus structurante arrive ensuite. La Commission européenne doit publier d'ici **août 2026** un acte délégué fixant un **seuil maximal d'empreinte carbone** pour les batteries VE. Les batteries qui le dépasseront ne pourront plus être mises sur le marché européen. Le chiffre exact n'est pas encore publié, mais quand il tombera dans la fourchette des empreintes actuelles, certaines chaînes de fabrication asiatiques devront soit décarboner, soit perdre l'accès au marché. Notre [guide complet du règlement batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/) détaille l'ensemble du calendrier. Pour un industriel européen, avoir des données d'empreinte carbone fiables et un score favorable devient un **avantage concurrentiel opposable** - pas juste un argument marketing.

## Lancer son ACV batterie : par où commencer concrètement

Vous fabriquez ou assemblez des batteries et vous devez structurer votre démarche empreinte carbone ? Voici les étapes que nous recommandons, dans l'ordre - chacune crée les conditions de la suivante.

### Étape 1 - Clarifier votre catégorie et votre rôle

Le règlement distingue 5 catégories de batteries avec des obligations différentes. Le **seuil de 2 kWh** est critique pour les batteries industrielles : en dessous, les obligations lourdes ne s'appliquent pas. Et la responsabilité de la déclaration repose sur le **metteur sur le marché européen** - si vous assemblez des packs à partir de cellules importées, c'est vous le déclarant, pas votre fournisseur. C'est la confusion la plus fréquente du règlement, et probablement la plus coûteuse quand elle n'est pas identifiée à temps.

### Étape 2 - Lancer la collecte de données fournisseurs

C'est l'étape qui prend le plus de temps. On a accompagné des assembleurs français qui ont eu besoin de **8 à 12 semaines** pour obtenir les données de leurs fournisseurs de cellules : chimie exacte, mix électrique de l'usine, origine des matériaux. Certains fournisseurs répondent vite avec un fichier structuré, d'autres envoient un tableau en mandarin sans l'origine du lithium. D'expérience, anticiper cette étape de plusieurs mois fait toute la différence entre un projet serein et un projet en mode panique.

### Étape 3 - Réaliser l'ACV conforme à la méthodologie JRC

Une fois les données disponibles, comptez **15 000 à 40 000 €** pour une première [ACV batterie](/blog/acv-batterie-industrielle-par-ou-commencer/) complète (notre article [combien coûte une ACV](/blog/combien-coute-acv/) détaille les fourchettes par profil). La deuxième ACV sur un produit similaire coûte **30 à 50 % de moins** parce que le modèle est déjà en place. Des [aides publiques](/blog/aides-financement-transition-climat/) comme le [Diag Éco-conception](https://www.bpifrance.fr/catalogue-offres/diag-ecoconception) Bpifrance peuvent financer **60 à 70 %** du coût. Point important : cette ACV ne sert pas qu'à la déclaration d'empreinte carbone. Elle alimente aussi le DPP, l'[écoconception ESPR](/blog/ecoconception-reglementaire-espr-dpp-calendrier/), et les réponses aux demandes de données scope 3 de vos clients. Un seul investissement, quatre ou cinq obligations couvertes.

### Étape 4 - Piloter les leviers de réduction

L'ACV identifie les hotspots. Le travail d'[écoconception](/blog/eco-conception-produit-premiere-acv/) commence : négocier avec le fournisseur sur l'origine de l'énergie, évaluer un changement de chimie, intégrer du contenu recyclé, allonger la durée de vie. Chaque modification est rechiffrable dans le modèle ACV. C'est un processus itératif - et chaque amélioration du score se traduit en avantage réglementaire et commercial. Lancez-le dès que les données sont là !

## Ce qu'il faut retenir

L'empreinte carbone d'une batterie n'est pas une fatalité - c'est un paramètre de conception sur lequel les industriels ont une vraie prise. **Les matériaux et l'énergie de fabrication couvrent à eux seuls 80 % de l'impact**, tandis que le transport, qui concentre les fantasmes, ne pèse que 3 à 5 %. Le mix électrique du pays de fabrication et le choix de chimie sont les deux premiers leviers de réduction. Et l'analyse multicritère rappelle que le carbone ne dit pas tout : la toxicité, la consommation d'eau et l'épuisement des ressources minérales comptent aussi dans l'équation.

Le cadre réglementaire européen est en train de transformer ce savoir en obligation concrète. La déclaration d'empreinte est déjà en vigueur, le DPP arrive en 2027, et le **seuil maximal attendu en 2028** créera un véritable couperet de marché. Les industriels qui auront investi dans l'ACV et le sourcing bas carbone se retrouveront du bon côté de cette ligne.

La bonne nouvelle, c'est que le travail de collecte et de modélisation sert à tout : empreinte carbone, [DPP](/blog/passeport-numerique-produit-dpp-industriels/), [écoconception ESPR](/blog/ecoconception-reglementaire-espr-dpp-calendrier/), données [scope 3](/blog/scope-3-bilan-carbone-guide-complet/) clients. Un seul investissement pour couvrir l'essentiel des obligations. Alors autant commencer maintenant, pendant que la fenêtre de préparation est encore ouverte !

> **Note** : Vous fabriquez ou assemblez des batteries et vous devez structurer votre déclaration d'empreinte carbone, préparer le DPP ou lancer une démarche d'écoconception ? Nous accompagnons les industriels sur l'ensemble de la chaîne : ACV batterie conforme à la méthodologie JRC, collecte de données fournisseurs, préparation du passeport numérique, et stratégie de réduction multicritère. Contactez-nous pour un premier échange de 15 minutes.

## Questions fréquemment posées

## Questions fréquentes

### Quelle est l'empreinte carbone d'une batterie lithium-ion ?

Elle varie de 50 à plus de 110 kgCO₂e par kWh de capacité, selon la chimie (NMC, LFP, NCA), le pays de fabrication et l'origine des matériaux. L'empreinte médiane est d'environ 74 kgCO₂e/kWh pour une NMC et 62 pour une LFP (Nature Communications 2024). Nos [ordres de grandeur carbone](/blog/ordres-de-grandeur-carbone/) donnent plus de points de comparaison.

### Le transport depuis la Chine pèse-t-il vraiment si peu dans le bilan ?

Oui. Le transport maritime intercontinental représente 3 à 5 % de l'empreinte totale cradle-to-gate. Ce qui pèse dans une batterie chinoise, c'est le charbon qui alimente l'usine, pas le trajet Shanghai-Rotterdam.

### LFP ou NMC : laquelle a la meilleure empreinte carbone ?

La LFP a une empreinte d'environ 15 % inférieure à la NMC grâce à l'absence de cobalt et de nickel. Mais la densité énergétique est plus faible, ce qui la rend plus adaptée au stockage stationnaire qu'à la mobilité longue distance. L'arbitrage dépend de votre application.

### Combien coûte une ACV batterie conforme au règlement européen ?

Comptez 15 000 à 40 000 € pour une première ACV complète selon la complexité de la chaîne de valeur. La deuxième ACV sur un produit similaire coûte 30 à 50 % de moins. Le Diag Éco-conception Bpifrance peut financer [60 à 70 % du coût](/blog/eco-conception-produit-premiere-acv/) pour les PME.

### Qui est responsable de la déclaration d'empreinte carbone ?

Le metteur sur le marché européen. Si vous assemblez des packs à partir de cellules importées et que vous les vendez en Europe, c'est vous le déclarant. Pas votre fournisseur de cellules. Notre [guide du règlement batteries](/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/) détaille ce point.

### Quand le seuil maximal d'empreinte carbone entre-t-il en vigueur ?

La Commission européenne doit publier un acte délégué d'ici août 2026. L'application interviendra 18 mois après, donc courant 2028 pour les batteries VE. Le chiffre exact du seuil n'est pas encore publié.

**Sources** : méta-analyse Nature Communications (2024), méthodologie JRC (2025), rapport Greenpeace East Asia (2025), règlement (UE) 2023/1542, missions d'accompagnement Celsius.

## Articles connexes

- https://projetcelsius.com/blog/acv-batterie-industrielle-par-ou-commencer/
- https://projetcelsius.com/blog/reglement-batterie-europe-2023-1542-guide/
- https://projetcelsius.com/blog/pef-acv-empreinte-carbone-produit-methode/

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**À propos de Projet Celsius**

Projet Celsius est un cabinet de conseil en stratégie carbone, ACV produit et conformité réglementaire. Bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille, partenaire Bpifrance (Diag Décarbon'Action) et référencé ABC (Association pour la Transition Bas Carbone).

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