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title: "EUDR : à quoi sert un prestataire de traçabilité ?"
description: "Au 30 décembre 2026, l'importateur répond seul de sa déclaration EUDR. Ce que font un logiciel, l'imagerie satellite ou un audit, et ce qu'il faut exiger."
canonical: https://projetcelsius.com/blog/eudr-choisir-prestataire-tracabilite/
author: "Sébastien Pierfederici"
datePublished: 2026-10-26
dateModified: 2026-10-26
language: fr
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# EUDR : quel logiciel ou prestataire de traçabilité choisir ?

**Auteur** : Sébastien Pierfederici
**Publié le** : 2026-10-26
**Rubrique** : Guide pratique
**Temps de lecture** : 11 min
**URL canonique** : https://projetcelsius.com/blog/eudr-choisir-prestataire-tracabilite/
**Source** : Projet Celsius (https://projetcelsius.com) - cabinet de conseil en stratégie carbone, bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille.

> Un prestataire de traçabilité EUDR peut collecter les géolocalisations des fournisseurs, les croiser avec les cartes de forêt, documenter le risque ou déposer les déclarations. L'entreprise qui met le produit sur le marché **signe et répond seule**, dès le **30 décembre 2026** pour les grandes et moyennes. Le [règlement européen contre la déforestation importée](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02023R1115-20260918) n'impose **aucun logiciel**, et le système de la Commission est gratuit. Le bon achat dépend des flux, de leurs origines et des preuves que l'outil rend.

Dès le **30 décembre 2026**, l'EUDR s'applique aux grandes et moyennes entreprises qui mettent sur le marché européen du cacao, du café, du soja, de l'huile de palme, du caoutchouc, du bois ou des bovins. Aucun lot n'y entre plus **sans déclaration de diligence raisonnée** déposée avant. En la déposant, l'entreprise « **assume la responsabilité** de la conformité du produit », dit [le règlement](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02023R1115-20260918). Le ministère de la Transition écologique ajoute qu'aucun outil n'est « **homologué** » pour garantir cette conformité.

Le bon achat se décide donc flux par flux. Il dépend du [rôle de l'entreprise dans chaque flux, opérateur, opérateur en aval ou commerçant](/blog/eudr-reglement-deforestation-importee/), et du **niveau de risque du pays d'origine**. Les sections suivantes reprennent ces prestataires un par un, puis les cas selon l'origine du produit.

## Quelle est l'utilité d'un prestataire EUDR ?

La diligence raisonnée tient en **5 étapes** : collecter les informations de chaque parcelle, les croiser avec les cartes de forêt, évaluer et atténuer le risque, déposer la déclaration, puis conserver le dossier 5 ans. Le marché des prestataires s'est découpé de la même manière.

### Les 6 familles de prestataires

Aucune famille ne couvre seule les 5 étapes, et chacune vend la sienne :

- Les plateformes logicielles de collecte et de déclaration ouvrent un **portail aux fournisseurs**, stockent les preuves et déposent les déclarations dans le système de la Commission.
- Les spécialistes de l'imagerie satellite **croisent les contours des parcelles** avec des cartes de couvert forestier et des alertes de déforestation, puis attribuent un score de risque.
- Les outils de collecte de terrain, applications GPS ou systèmes de contrôle interne des coopératives, **relèvent les points et les polygones** des parcelles que personne n'a encore tracées.
- Les systèmes de certification et de vérification par des tiers apportent **une chaîne de contrôle** et des audits, que le règlement traite comme une information complémentaire.
- Les organismes d'inspection et d'audit **vérifient des fournisseurs sur place**, ce qui sert à atténuer un risque, ou contrôlent la fonction d'audit interne d'une grande entreprise.
- Les cabinets de conseil cartographient **les flux par code douanier**, fixent le rôle de l'entreprise dans chacun, écrivent le système de diligence et les clauses des contrats.

### Le mandataire, seule délégation prévue par le texte

Le règlement ne connaît qu'une forme de délégation : **le mandataire**. Toute personne établie dans l'Union peut l'être, sur **mandat écrit**, même hors de la chaîne d'approvisionnement, et représenter plusieurs opérateurs, précise la FAQ de la Commission. Il dépose la déclaration au nom de l'opérateur, qui « **conserve la responsabilité** » de la conformité du produit.

Le mandataire n'est pas le représentant en douane : ce sont « deux fonctions distinctes », rappelle la douane, qui contrôle aussi, chez le même importateur, [la déclaration carbone aux frontières](/blog/qu-est-ce-que-le-cbam/). Une micro-entreprise peut aussi confier sa déclaration à l'acheteur suivant dans la chaîne, qui **ne peut pas revendre** le produit sans l'avoir déposée.

> **Note** : C'est l'attestation, déposée en ligne avant la mise sur le marché ou l'exportation, que le produit est **sans déforestation après 2020** et légal. Le système lui attribue un numéro de référence que la douane contrôle. Une déclaration déposée se modifie ou se retire **dans les 72 heures**, sauf si elle a déjà servi en douane.

### Ce qui reste à l'entreprise

Plusieurs gestes ne se délèguent pas, quel que soit le contrat :

- La conclusion que **le risque est nul ou négligeable**, sans laquelle le produit ne peut pas être mis sur le marché, et la revue de cette évaluation au moins une fois par an.
- **L'exactitude des géolocalisations** et des preuves de légalité, dont l'opérateur répond quels que soient les intermédiaires qui les ont collectées, selon la Commission.
- La **conservation des informations pendant 5 ans** et la revue, au moins une fois par an, du système de diligence raisonnée de l'entreprise.
- Pour une entreprise qui n'est pas une PME, **un responsable de la conformité**, une fonction d'audit indépendante et un rapport public annuel, articulé avec [son rapport de durabilité](/blog/csrd-pme-guide-pratique/).

> Un outil, un certificat ou un mandataire peuvent préparer la déclaration EUDR, aucun ne la signe à la place de l'entreprise.

## Existe-t-il déjà des outils gratuits ?

**Oui, pour déclarer et pour cartographier.** La Commission met à disposition, gratuitement, de quoi déposer les déclarations et vérifier qu'une parcelle n'était pas couverte de forêt fin 2020.

### Le système d'information de la Commission

[Le système d'information](https://green-forum.ec.europa.eu/nature-and-biodiversity/deforestation-regulation-implementation/information-system-deforestation-regulation_en) est un module de la plateforme TRACES. Il sert à **déposer et gérer les déclarations**, et sa carte permet de dessiner, de saisir ou d'importer des parcelles au format GeoJSON. Un serveur d'essai, **sans valeur juridique**, permet de s'entraîner.

Le système est **rouvert depuis le 30 juin 2026**, selon le ministère, et la Commission y forme régulièrement les opérateurs en ligne. Pour le volume, une **interface de programmation**, publiée en 2024, dépose les déclarations depuis un logiciel. Un fichier de 25 Mo tient plus d'**un million de points** de géolocalisation.

### Les cartes de forêt au 31 décembre 2020

[L'observatoire européen de la déforestation](https://forest-observatory.ec.europa.eu/forest/rmap) publie une **carte mondiale du couvert forestier** au 31 décembre 2020, la date de référence du règlement, à **10 mètres de résolution**. La FAQ de la Commission cite aussi des outils libres d'accès, comme Whisp de la FAO, et [le ministère](https://www.deforestationimportee.ecologie.gouv.fr/actualites-17/article/outils-au-service-de-la-mise-en-oeuvre-du-rdue) en liste d'autres, de Copernicus à OpenStreetMap.

Ces cartes ne tranchent rien seules. Selon [le document d'orientation de la Commission](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:C_202603896), « l'observatoire n'est pas exclusif, n'est pas obligatoire et n'a **aucune valeur juridique** ». Une parcelle qui tombe en forêt sur la carte n'est pas pour autant non conforme : c'est **le signal d'une vérification** à faire, image et pièces à l'appui.

### Ce qu'aucun outil public ne fait

Le système de la Commission n'est pas un système d'information géographique : il n'affiche **aucune image satellite** de fond. Aucun outil public ne prend non plus en charge les tâches qui coûtent le plus de temps :

- Collecter les géolocalisations et les preuves auprès de **fournisseurs de rang 2 ou 3**, puis les relancer jusqu'à obtenir une réponse exploitable.
- Juger, pièce par pièce, si la production **respecte la législation** du pays d'origine, du droit foncier à l'autorisation de coupe.
- Évaluer le risque sur **les 14 critères** du règlement, l'atténuer quand il n'est pas négligeable et documenter la conclusion.

Le ministère le résume ainsi : aucun outil « ne permet d'assurer, **à lui seul**, la conformité avec le règlement », ni « ne décharge son utilisateur de sa responsabilité ».

## Quel prestataire pour quels produits ?

Cacao, café, soja, huile de palme, caoutchouc, bois et bovins relèvent du même règlement, mais le besoin d'achat change d'un flux à l'autre, selon **le rôle de l'entreprise** et **le pays d'origine** du produit, bien plus que selon sa taille. La [liste des produits et des codes douaniers concernés](/blog/eudr-reglement-deforestation-importee/) fixe d'abord les flux à examiner.

### En aval ou dans le commerce, peu de chose à acheter

Une entreprise qui transforme un produit déjà déclaré, ou qui le revend, ne dépose **aucune déclaration**. Elle conserve 5 ans les coordonnées de ses fournisseurs et de ses clients, et le numéro de référence **seulement si son fournisseur est l'opérateur**. La Commission parle d'une « collecte passive » : un module de son logiciel de gestion suffit en général, avec un enregistrement dans le système si l'entreprise n'est pas une PME.

### Une origine à risque faible : collecter et déclarer

Pour un produit qui vient d'un pays à risque faible, l'opérateur peut appliquer une **diligence simplifiée**, sans évaluation ni atténuation du risque. La dispense ne vaut qu'après avoir évalué la complexité de la chaîne et le **risque de mélange** avec d'autres origines, et la géolocalisation reste due. Le besoin se concentre alors sur la collecte et le dépôt.

Dans son estimation des coûts, le [rapport de la Commission du 4 mai 2026](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:52026DC0191) compte **51 % des importateurs**, contre 20 % auparavant, à la moitié du coût standard. Les autorités contrôlent chaque année au moins **1 % des opérateurs** de ces origines.

### Une origine à risque standard : évaluer et atténuer

Pour une origine à risque standard, l'opérateur évalue le risque sur **14 critères**, de la présence de forêts à la corruption et à la complexité de la chaîne. Il l'atténue au besoin par des informations supplémentaires, des **enquêtes ou des audits indépendants**. C'est là que l'imagerie satellite et l'audit se justifient, et que les contrôles montent à **3 % des opérateurs**.

### L'exemple du cacao à 3 origines

Un importateur de fèves de cacao achète au **Ghana**, en **Côte d'Ivoire** et en **Équateur**, exemple construit pour l'article. La [Commission classe](https://green-forum.ec.europa.eu/nature-and-biodiversity/deforestation-regulation-implementation/eudr-cooperation-and-partnerships/country-classification-list_en) le Ghana à risque faible, la Côte d'Ivoire et l'Équateur à risque standard. L'entreprise tient donc **2 régimes de diligence**, et l'achat de prestations ne sera pas le même pour les 3 flux.

La diligence simplifiée ne vaut que pour **les lots ghanéens gardés à part** de bout en bout. Dès qu'un silo, un broyage ou une déclaration mêle les origines, tout le lot repasse en diligence complète, avec toutes ses parcelles déclarées. Le Ghana a déployé un système national de traçabilité du cacao, qui peut nourrir la collecte sans dispenser de vérifier.

## Comment choisir un prestataire, et à quel prix ?

Un prestataire se juge sur **ce qu'il rend**, sur ses réponses à quelques questions précises et sur les promesses qu'il ne fait pas. La même grille sert pour [un logiciel de bilan carbone](/blog/saas-ou-cabinet-bilan-carbone/), [un prestataire de passeport numérique](/blog/passeport-numerique-produit-prestataire/) ou [l'auditeur de ses allégations environnementales](/blog/audit-empco-choisir-prestataire/).

### Ce qu'il doit rendre

Le livrable utile est **un dossier par parcelle et par lot**, conservé 5 ans et exportable :

- Les contours des parcelles au **format GeoJSON**, le seul accepté par le système de la Commission, avec leur date ou leur période de production.
- Le **croisement de chaque parcelle** avec une carte de forêt au 31 décembre 2020, et la trace de la vérification quand une parcelle tombe en forêt.
- Les preuves de légalité et d'absence de déforestation, « **suffisamment concluantes et vérifiables** », rattachées à la parcelle qu'elles couvrent.
- La **séparation des origines** à chaque étape, puisque la Commission juge non conforme le bilan massique, qui mélange des volumes tracés et non tracés.

### Les questions à poser avant de signer

Ces questions, 6 au total, départagent vite 2 offres qui se ressemblent sur le papier :

- Jusqu'à quel rang de fournisseurs collectez-vous les géolocalisations, et que faites-vous d'un fournisseur qui **ne répond pas** ?
- Comment traitez-vous **une parcelle qui tombe en forêt** sur la carte de 2020, et qui décide de la suite ?
- Qui rédige **la conclusion sur le risque**, et sur quelles pièces, conservées où, s'appuie-t-elle ?
- Que deviennent nos données, et **dans quel format** les récupérons-nous, si nous changeons d'outil ou de prestataire ?
- Votre outil dépose-t-il par l'interface de la Commission, et comment **suit-il le statut** de chaque déclaration déposée ?
- Pour une certification, la norme exige-t-elle **la date de 2020**, la traçabilité jusqu'à la parcelle et la séparation des origines ?

### Les promesses qui doivent alerter

Certaines promesses contredisent le règlement ou la Commission. La plus fréquente, un outil « homologué » ou une « conformité garantie », se heurte à la position du ministère : **aucun outil n'est homologué**, ni par la Commission ni par une autorité nationale.

- Un certificat présenté comme une dispense : la certification n'est **pas une « voie réservée »**, écrit la Commission, et l'opérateur reste tenu d'exercer sa diligence.
- Un système **autodéclaratif**, sans attestation par un tiers, que le document d'orientation de la Commission juge moins solide par définition.
- Un mandataire qui affirme **prendre la responsabilité** de la déclaration, alors que le règlement la laisse entière à l'opérateur.

### Le prix

La plupart des offres sont sur devis, et **aucun barème public ne fait référence** pour ces prestations. Le coût suit le **nombre de fournisseurs**, de références et d'origines à risque standard, plus que la taille de l'entreprise : un importateur d'une seule origine à risque faible n'achète pas la même chose qu'un négociant de 10 origines.

Le seul repère public est collectif. La Commission estime que les simplifications apportées depuis 2023 réduisent le coût annuel de conformité des entreprises concernées d'**environ 75 %**, de 8,1 à 2,0 milliards d'euros par an pour toute l'Union.

## Quelles preuves demander aux fournisseurs ?

C'est la partie la plus longue, à lancer bien avant le **30 décembre 2026**, et **aucun outil ne l'accélère seul** : les données naissent chez des producteurs, des coopératives ou des négociants, souvent de rang 2 ou 3.

### Les données de chaque parcelle

Le fournisseur transmet la **géolocalisation de toutes les parcelles** où la matière a été produite, avec la date ou la période de production. Pour les bovins, ce sont tous les établissements où l'animal a été gardé. [La précision exigée, point ou polygone selon la surface](/blog/eudr-reglement-deforestation-importee/), est détaillée dans notre article sur le règlement.

Une déforestation sur une parcelle **disqualifie toute la production** de cette parcelle. Un petit producteur d'un pays à risque faible qui a déposé une déclaration simplifiée unique transmet, lui, **son identifiant de déclaration**.

### Les preuves de légalité

Le règlement demande des informations « suffisamment concluantes et vérifiables » que la matière a été produite **selon la législation du pays de production**, comme des titres fonciers ou des autorisations de coupe. Elles se rattachent à la parcelle et au lot, comme [le dossier technique d'un emballage](/blog/dossier-technique-ppwr-preuves-fournisseurs/) rattache chaque preuve fournisseur à une référence.

### Les clauses du contrat

Le contrat d'achat fixe ce que le fournisseur transmet :

- La transmission, avant l'expédition, des géolocalisations, des preuves de légalité et, s'il est lui-même opérateur, **du numéro de référence** de sa déclaration.
- Un **droit d'audit**, sur pièces ou sur place, pour pouvoir atténuer un risque sur une origine classée à risque standard.
- Le **refus d'un lot livré sans géolocalisation**, ou mêlé à des matières d'origine inconnue, sans pénalité pour l'acheteur.

Une clause ne déplace pas la responsabilité. Quand le producteur fournit la géolocalisation, c'est l'opérateur qui **répond de son exactitude**, et une information fausse constitue un manquement, selon la Commission. Pour vérifier ce que transmet un fournisseur, les méthodes sont proches de [celles du contrôle des données carbone fournisseurs](/blog/scope-3-verifier-donnees-fournisseurs/), et la demande se formule comme [une demande de données carbone à un fournisseur](/blog/client-demande-donnees-carbone-reponse/).

## Les mêmes données servent-elles au bilan carbone ?

**Oui, et c'est souvent la donnée qui manque.** Le règlement vise lui-même à réduire la contribution de l'Union aux émissions de gaz à effet de serre, et la géolocalisation d'une parcelle sert aussi la comptabilité carbone.

### Le changement d'affectation des sols dans le scope 3

Quand une forêt devient une plantation, le carbone qu'elle stockait part dans l'atmosphère. Dans un Bilan Carbone®, ces émissions passent par **le facteur d'émission** des achats de matières, au [scope 3](/blog/scope-3-bilan-carbone-guide-complet/). Or la Base Empreinte de l'ADEME distingue rarement une matière issue de terres déboisées.

Pour le fruit du palmier à huile, l'une des rares paires de la base, le facteur passe de **0,109 kgCO2e par kilo** sans déforestation à **1,57 kgCO2e** avec, soit 14 fois plus. Seule la donnée de parcelle dit lequel des 2 s'applique.

Le [standard du GHG Protocol sur le secteur des terres](https://ghgprotocol.org/sites/default/files/2026-06/Land-Sector-and-Removals-Standard-v1.1.pdf), publié le 30 janvier 2026, s'applique au 1er janvier 2027 dans sa version 1.1. Il organise ce calcul : **calcul direct** quand la traçabilité va jusqu'à la parcelle, approche statistique sinon, et répartition sur **au moins 20 ans**. La foresterie n'y entre pas encore, et [ses règles diffèrent sur d'autres points de la méthode Bilan Carbone®](/blog/ghg-protocol-vs-bilan-carbone-methode/).

Les 2 dates ne coïncident pas. L'EUDR regarde la déforestation **après le 31 décembre 2020**, le standard du GHG Protocol remonte sur 20 ans au moins : une parcelle déboisée en 2010 est conforme au règlement et porte encore des émissions dans un bilan de 2026.

### Les engagements zéro déforestation

La même géolocalisation sert les engagements climatiques. L'initiative SBTi exige une cible dédiée aux forêts, aux terres et à l'agriculture quand ces émissions pèsent **au moins 20 %** du total. Depuis la version 1.2 de son guide, du 19 mars 2026, l'engagement zéro déforestation se tient **au plus tard 2 ans** après la soumission de la cible, jamais après le 31 décembre 2030. [Notre guide SBTi](/blog/sbti-trajectoire-pme-industrielle-guide/) détaille ces cibles. Un tel engagement se prouve, et [se fait vérifier par un tiers](/blog/engagements-climatiques-verification-tiers/) avant d'être affiché.

Pour nous, au Projet Celsius, le premier achat est rarement un logiciel. C'est **la carte des flux** par code douanier, par origine et par rôle, qui dit lesquels demandent une évaluation complète du risque ; l'outil se dimensionne ensuite pour ceux-là. Une collecte faite parcelle par parcelle se rentabilise une seconde fois dans [le calcul des émissions d'un produit](/blog/pef-acv-empreinte-carbone-produit-methode/) et dans le scope 3, là où les facteurs génériques **ne voient pas la déforestation**. Pour le bois, la même origine servira demain [au passeport numérique des meubles](/blog/espr-dpp-ameublement-ce-qui-arrive/), et la carte des émissions qui en sort guide [le plan de réduction](/blog/comment-reduire-bilan-carbone-entreprise/).

## Ce qu'il faut retenir

- L'EUDR s'applique **le 30 décembre 2026** aux grandes et moyennes entreprises, et l'entreprise qui dépose la déclaration en assume seule la responsabilité.
- Aucun outil n'est homologué et **aucun prestataire ne signe à sa place**, pas même un mandataire, qui dépose seulement au nom de l'opérateur.
- Le **système de la Commission est gratuit** pour déclarer et cartographier ; il ne collecte rien chez les fournisseurs et n'évalue pas le risque.
- Le besoin d'achat se décide **flux par flux** : peu de chose en aval, collecte et dépôt pour une origine à risque faible, évaluation et audit pour une origine à risque standard.
- La géolocalisation des parcelles sert aussi **le scope 3** et les engagements zéro déforestation, là où les facteurs génériques ne voient pas la déforestation.

Pour les dates, les produits concernés et les sanctions, [notre article sur le règlement déforestation](/blog/eudr-reglement-deforestation-importee/) fait le point, et [notre guide du scope 3](/blog/scope-3-bilan-carbone-obligatoire/) dit quand ces émissions d'achats doivent entrer dans un bilan.

## Questions fréquemment posées

## Questions fréquentes

### Faut-il obligatoirement un logiciel pour l'EUDR ?

Non. Le règlement n'impose aucun logiciel : le système d'information de la Commission, un module gratuit de la plateforme TRACES, permet de déposer les déclarations en ligne ou par interface de programmation, et de dessiner ou d'importer les parcelles. Un logiciel devient utile quand les fournisseurs sont nombreux, pour collecter et relancer, ou quand les déclarations se comptent par centaines. Aucun outil n'est homologué, et aucun ne décharge l'entreprise de sa responsabilité.

### Un prestataire peut-il déposer la déclaration EUDR à ma place ?

Oui, s'il est votre mandataire : une personne établie dans l'Union, munie d'un mandat écrit, peut déposer la déclaration de diligence raisonnée au nom de l'opérateur. L'opérateur conserve la responsabilité de la conformité du produit. Le mandataire EUDR est distinct du représentant en douane, et un même mandataire peut représenter plusieurs opérateurs.

### Une certification suffit-elle pour respecter l'EUDR ?

Non. Le recours à une certification ou à une vérification par un tiers est une décision volontaire, et la Commission précise qu'il ne constitue pas une voie réservée : l'opérateur exerce toujours sa diligence et en répond. Les informations d'un système certifié servent d'information complémentaire dans l'évaluation du risque, à condition de satisfaire aux exigences du règlement, géolocalisation des parcelles comprise.

### Quels documents EUDR demander à un fournisseur ?

La géolocalisation de toutes les parcelles de production avec la date ou la période de production, la quantité, le pays de production, ses coordonnées, et des informations suffisamment concluantes et vérifiables sur l'absence de déforestation après 2020 et sur la légalité de la production. S'il a lui-même déposé une déclaration dans l'Union, il transmet aussi son numéro de référence.

### Comment collecter la géolocalisation des parcelles pour l'EUDR ?

Auprès des producteurs, directement ou par une coopérative, un négociant ou un système national de traçabilité, par un relevé GPS sur le terrain ou un tracé sur une carte. Le système de la Commission accepte des points et des polygones au format GeoJSON, et le ministère de la Transition écologique liste des outils cartographiques gratuits. Quel que soit l'intermédiaire, l'opérateur reste responsable de l'exactitude des coordonnées.

### Que risque-t-on si le prestataire fournit des données fausses ?

C'est l'entreprise qui déclare qui répond : pour la Commission, une géolocalisation fausse est un manquement de l'opérateur, même si un tiers l'a fournie. Le règlement prévoit une amende maximale d'au moins 4 % du chiffre d'affaires annuel réalisé dans l'Union, la confiscation des produits et l'exclusion des marchés publics jusqu'à 12 mois. Au 24 octobre 2026, aucun texte français n'en fixait encore le détail.

## Sources

- **Règlement** : [Règlement (UE) 2023/1115](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02023R1115-20260918) relatif aux produits « zéro déforestation », version consolidée au 18 septembre 2026 (modifié par les règlements 2024/3234, 2025/2650 et le règlement délégué 2026/2102) : articles 2, 4 à 6, 9 à 13, 16, 25 et 38.
- **Classement des pays** : règlement d'exécution (UE) 2025/1093 du 22 mai 2025 ; [liste des pays par niveau de risque](https://green-forum.ec.europa.eu/nature-and-biodiversity/deforestation-regulation-implementation/eudr-cooperation-and-partnerships/country-classification-list_en), Commission européenne, consultée le 26 octobre 2026.
- **Commission européenne** : [document d'orientation C/2026/3896](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=OJ:C_202603896), JO C du 20 juillet 2026 (sections 4, 5, 10 et 11) ; [FAQ sur la mise en œuvre, version 5](https://environment.ec.europa.eu/publications/faq-eudr-implementation_en), avril 2026, mise en ligne en août 2026 ; [rapport COM(2026) 191](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:52026DC0191) du 4 mai 2026 ; [page du système d'information](https://green-forum.ec.europa.eu/nature-and-biodiversity/deforestation-regulation-implementation/information-system-deforestation-regulation_en), consultée le 26 octobre 2026.
- **France** : ministère de la Transition écologique, [« Outils au service de la mise en œuvre du RDUE »](https://www.deforestationimportee.ecologie.gouv.fr/actualites-17/article/outils-au-service-de-la-mise-en-oeuvre-du-rdue), 17 octobre 2025, et [page du règlement](https://www.deforestationimportee.ecologie.gouv.fr/reglement-europeen-contre-la-deforestation-et-la-degradation-des-forets/article/reglement-europeen-contre-la-deforestation-et-la-degradation-des-forets), 13 juillet 2026, consultées le 26 octobre 2026 ; [douane, page RDUE](https://www.douane.gouv.fr/demarche/attester-de-la-conformite-de-ses-produits-avant-le-passage-frontieres-rdue).
- **Cartes** : Centre commun de recherche de la Commission (JRC), carte mondiale du couvert forestier 2020, version 4, 30 septembre 2026, doi 10.2905/JRC.3KATEH8, sur [l'observatoire européen de la déforestation](https://forest-observatory.ec.europa.eu/forest/rmap).
- **Carbone** : [Base Empreinte de l'ADEME](https://data.ademe.fr/datasets/base-carboner), facteurs 42176 et 42177 (fruit du palmier à huile, avec et sans déforestation, Agribalyse 3.1) ; [GHG Protocol, Land Sector and Removals Standard, version 1.1](https://ghgprotocol.org/sites/default/files/2026-06/Land-Sector-and-Removals-Standard-v1.1.pdf), 30 juin 2026 ; [SBTi, FLAG Guidance, version 1.2, document des changements](https://files.sciencebasedtargets.org/production/files/Main-Changes-Document-for-Version-1.2-of-the-FLAG-Science-Based-Target-Setting-Guidance.pdf), 19 mars 2026.

## Articles connexes

- https://projetcelsius.com/blog/eudr-reglement-deforestation-importee/
- https://projetcelsius.com/blog/scope-3-verifier-donnees-fournisseurs/
- https://projetcelsius.com/blog/passeport-numerique-produit-prestataire/

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Projet Celsius est un cabinet de conseil en stratégie carbone, ACV produit et conformité réglementaire. Bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille, partenaire Bpifrance (Diag Décarbon'Action) et référencé ABC (Association pour la Transition Bas Carbone).

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