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title: "Habiter la Belgique à +2 °C : la carte commune par commune"
description: "Neuf nuits par an au-dessus de 20 °C, des pluies qui ruissellent plus, des sols qui ne s'assèchent pas : la Belgique à +2 °C, commune par commune, sur 565 communes."
canonical: https://projetcelsius.com/blog/ou-vivre-en-belgique-2050/
author: "Sébastien Pierfederici"
datePublished: 2026-09-01
dateModified: 2026-09-29
language: fr
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# Habiter la Belgique à +2 °C : la carte commune par commune

**Auteur** : Sébastien Pierfederici
**Publié le** : 2026-09-01
**Rubrique** : Décryptage
**Temps de lecture** : 8 min
**URL canonique** : https://projetcelsius.com/blog/ou-vivre-en-belgique-2050/
**Source** : Projet Celsius (https://projetcelsius.com) - cabinet de conseil en stratégie carbone, bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille.

> Dans un monde à +2 °C, la Belgique compterait neuf nuits par an au-dessus de 20 °C, contre deux aujourd'hui, et ses épisodes de forte pluie ruisselleraient près d'un quart de plus, sans que ses sols s'assèchent pour autant. Nous avons traduit ces projections en une carte des 565 communes du pays, pour que chacun puisse voir ce qui change près de chez lui et ce qu'il faudra y préparer.

## +2 °C : un niveau de réchauffement plutôt qu'une date

Les projections climatiques sur la Belgique existent, mais elles restent dispersées entre indicateurs, régions et modèles. Nous avons construit pour le pays le même outil que pour notre [carte de la France en 2050](/blog/ou-vivre-en-france-2050/) : une carte en accès libre qui rassemble ces données commune par commune et les rend lisibles d'un coup d'œil.

La carte décrit un monde réchauffé de **2 °C** par rapport à la fin du dix-neuvième siècle, en moyenne mondiale. Selon les modèles de climat, ce niveau est atteint entre le début des années 2030 et le début des années 2060. Plutôt que de choisir une année, nous avons retenu le niveau de réchauffement lui-même, qui est le repère commun à tous les modèles.

> **Note** : Les projections viennent du modèle régional MAR de l'Université de Liège, sur la grille de 5 kilomètres de l'Institut royal météorologique, forcé par six modèles de climat mondiaux et calculé sur trente ans pour chacun.

Les six modèles ne s'accordent pas toujours sur l'ampleur des changements, mais ils désignent les mêmes communes comme les plus exposées. C'est pourquoi la carte classe les communes les unes par rapport aux autres plutôt que d'annoncer des valeurs précises pour chacune.

## Chaleur, eau, inondations, littoral, services : les 5 familles de risques

Nous avons retenu cinq familles : la chaleur, l'eau dans les sols, les inondations, le littoral et les déserts de services. Chacune est consultable sur la fiche de chaque commune.

### La chaleur : des nuits qui ne rafraîchissent plus

La température moyenne de la commune belge médiane passe de 10,5 à 11,8 °C, et l'été se réchauffe davantage que le reste de l'année, de **1,8 °C**. Le changement le plus marqué touche les nuits : celles qui ne descendent pas sous 20 °C passent de **2 à 9 par an**, tandis que les journées au-dessus de 30 °C font un peu plus que doubler.

Pour le bâti, ce sont ces nuits qui comptent. C'est la nuit qu'un logement ou un bureau évacue la chaleur accumulée dans la journée, et un bâtiment qui ne se rafraîchit plus devient difficile à vivre sans [climatisation](/blog/impact-environnemental-climatisation/). Les [solutions de rafraîchissement passif](/blog/alternatives-climatisation-ventilateur-adiabatique-reseau-froid/) se dimensionnent sur ces nuits chaudes.

### L'eau : un pays qui ne s'assèche pas

Les modèles ne montrent pas de sécheresse estivale en Belgique : l'humidité des sols en été ne recule que de **1 %**, et la pluie annuelle augmente même de 8 %.

Un plan d'adaptation calé sur le manque d'eau passerait donc à côté de l'essentiel. En Belgique, l'enjeu porte sur la gestion des pluies abondantes, et [la démarche d'adaptation d'un territoire](/blog/adapter-un-territoire-changement-climatique/) commence par ce diagnostic.

### Les inondations : plus d'eau, en épisodes plus intenses

Le ruissellement sur trois jours de forte pluie augmente de **23 %**. Nous le croisons avec l'aléa d'inondation cartographié par les trois régions, qui décrit les zones déjà connues pour être inondables.

Les trois régions ne dessinent pas ces zones de la même façon : pour une même crue centennale, leurs emprises varient dans un rapport de 1 à 7. Pour éviter qu'une commune change de catégorie en passant d'une région à l'autre, la carte retient la classe d'aléa la plus forte, sur laquelle les trois régions sont comparables.

### Le littoral : 17 communes concernées

Sur la côte, le risque est la submersion marine, lorsqu'une tempête coïncide avec une marée haute. Il concerne **17 communes**, celles dont une partie du territoire figure dans les zones de submersion cartographiées par la Flandre.

Ces communes sont protégées par des digues et des dunes, si bien que les cartes y montrent peu de zones inondables pour des crues fréquentes. La carte retient donc la zone de submersion complète, celle d'une tempête rare, qui couvre **70 %** du territoire de Middelkerke.

### Les déserts de services

Habiter quelque part, c'est aussi pouvoir se soigner et se déplacer. Cette famille mesure la part de la population qui vit à portée d'un hôpital, d'une gare et d'un arrêt de transport public, à partir des données de Statbel. Elle entre dans le score parce qu'une commune exposée et isolée s'adapte plus difficilement qu'une commune exposée et bien équipée.

L'accès à l'hôpital sépare nettement les communes : **une commune belge sur dix n'a presque aucun habitant à moins de 10 kilomètres d'un hôpital**. C'est aussi le critère le plus discutable de la carte, car il mesure des distances et non des temps de trajet, et ignore l'offre des communes voisines.

> **Note** : La carte ne retient ni le retrait-gonflement des argiles, faute d'équivalent belge des données françaises, ni le risque de feu de forêt : les données existent, mais en construire un indicateur reviendrait à en choisir le résultat.

## Comment les cinq familles se combinent

Chaque famille est convertie en rang : une commune n'obtient pas une note absolue, mais une position parmi les 565 communes belges. Les cinq familles sont ensuite moyennées à parts égales, et le score d'habitabilité vaut 100 moins cette moyenne. La commune médiane obtient **50**, et les scores s'étalent de 27 à 74.

Une moyenne atténue un risque extrême lorsque les autres familles sont favorables. Pour ne pas le masquer, la fiche de chaque commune signale séparément les familles pour lesquelles elle figure parmi les **10 %** les plus exposées de Belgique.

6 communes sur 10 n'ont aucun signalement. Un peu plus d'une sur trois en a un, et à peine une sur vingt-cinq en cumule deux ou davantage. Au total, **plus d'un Belge sur trois** vit dans une commune signalée sur au moins un risque.

À l'inverse, Laakdal et Tremelo ferment le classement sans aucun signalement : elles cumulent une chaleur marquée, des sols parmi les plus secs du pays en été et un accès aux services limité, sans l'être à l'extrême sur aucun de ces points. Le score rend compte de cette accumulation, les signalements des extrêmes.

Les grandes villes, elles, sont plutôt bien placées. Anvers, Bruxelles, Charleroi, Gand et Liège se classent toutes au-dessus de la médiane, si bien que les 20 % de communes les moins bien classées n'abritent que **15 %** des Belges. Liège est pourtant signalée sur la chaleur et les inondations, mais son accès aux services et ses sols bien alimentés en eau compensent.

## Les limites de la carte

Elle ne dit pas où il faut partir. Une commune exposée qui plante des arbres, désimperméabilise ses sols et adapte ses bâtiments sera plus vivable qu'une commune moins exposée qui n'a rien fait. L'adaptation n'entre dans aucun de nos indicateurs, faute de données nationales qui la mesurent.

Elle ne dit pas non plus ce qui se passe à l'intérieur d'une commune. Le fond de vallée inondable et le plateau qui le domine y reçoivent la même couleur.

Enfin, ce sont des projections, qui reposent sur six modèles de climat et sur un niveau de réchauffement donné. Pour une entreprise, la carte indique par où commencer un diagnostic de site, dans le cadre que pose [le plan national d'adaptation](/blog/pnacc-3-adaptation-entreprises/) côté français, et [des aides existent](/blog/aides-financement-transition-climat/) pour le financer.

> **Note** : Les sources, le calcul de chaque famille et les contrôles de la chaîne de données, indicateur par indicateur.

## Sources


## Articles connexes

- https://projetcelsius.com/blog/ou-vivre-en-france-2050/
- https://projetcelsius.com/blog/adapter-un-territoire-changement-climatique/
- https://projetcelsius.com/blog/pnacc-3-adaptation-entreprises/

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**À propos de Projet Celsius**

Projet Celsius est un cabinet de conseil en stratégie carbone, ACV produit et conformité réglementaire. Bureau d'études d'ingénieurs-docteurs basé à Paris et Marseille, partenaire Bpifrance (Diag Décarbon'Action) et référencé ABC (Association pour la Transition Bas Carbone).

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