Combien coûte le CBAM pour une entreprise qui importe de l'acier, de l'aluminium ou du ciment ? La facture dépend du secteur, des volumes, du prix du carbone et de l'année - elle monte par paliers jusqu'en 2034. Pour les bases du dispositif, voir qu'est-ce que le CBAM ; pour la lecture stratégique côté producteur, notre guide CBAM pour les industriels.
Le CBAM n'est pas une taxe forfaitaire : c'est un prix du carbone appliqué aux émissions intégrées de vos imports, aligné sur le marché européen (l'EU ETS). Trois variables déterminent la facture, et une quatrième - l'année - agit comme un multiplicateur.
La formule officielle, telle qu'utilisée par la calculatrice de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), repose sur quatre éléments :
En pratique, la redevance déduit une allocation gratuite de référence (basée sur le benchmark d'un producteur européen efficace), qui diminue chaque année. Plus votre produit est carboné par rapport à ce benchmark, plus vous payez. En 2034, l'allocation gratuite disparaît : vous payez sur la totalité des émissions importées.
Le CBAM ne facture pas un produit : il facture l'écart entre son carbone et celui d'un producteur européen efficace - un écart qui devient payant à 100 % en 2034.
À un prix du carbone de 80 € la tonne, voici l'ordre de grandeur du surcoût annuel selon le secteur et l'année. Les intensités utilisées sont les benchmarks de la calculatrice DGEC.
Ces montants sont des ordres de grandeur : votre coût réel dépend de votre route de production et de vos données vérifiées. Le calculateur ci-dessous vous permet de tester vos propres hypothèses.
Le facteur CBAM ne progresse pas de façon linéaire. Il reste modéré jusqu'en 2029 (22,5 %), puis double quasiment en un an pour atteindre 48,5 % en 2030, avant de filer vers 100 % en 2034. Concrètement, un import qui coûte 21 000 € de redevance en 2026 en coûtera vingt fois plus en 2030. C'est cette marche, et non l'année 2026, qui doit cadrer une décision d'investissement ou de changement de fournisseur.
Et comme le prix de la tonne EU ETS est lui aussi attendu en hausse sur la décennie, l'effet est cumulatif : plus de tonnes facturées, à un prix unitaire plus élevé.
Trois leviers, par ordre d'efficacité croissante :
Le coût du CBAM ne se réduit pas après coup, il se pilote en amont. Premier réflexe : faire calculer son exposition réelle plutôt que de payer la pénalité des valeurs par défaut. Deuxième réflexe : intégrer le critère carbone dans les arbitrages d'achat dès 2026 - parce que la décision de sourcing prise aujourd'hui paye en 2030.
Le CBAM est indexé sur le prix hebdomadaire des quotas EU ETS. Début 2026, il évolue autour de 80 € la tonne, mais c'est une variable volatile : selon les scénarios, il pourrait dépasser 100 € d'ici 2030. Mieux vaut tester plusieurs hypothèses de prix, ce que permet le calculateur de cet article.
Souvent oui, car elles sont volontairement conservatrices et majorées d'un mark-up (10 % en 2026, jusqu'à 30 % en 2028 pour l'acier, l'aluminium et le ciment). Si votre produit est moins carboné que cette valeur par défaut, fournir vos données réelles vérifiées réduit la facture. Pour un produit plus carboné que la moyenne, l'arbitrage mérite d'être chiffré.
Oui. La DGEC publie une calculatrice de redevance MACF (mise à jour décembre 2025) qui intègre les benchmarks, valeurs par défaut et mark-ups officiels. Le calculateur de cet article en reprend la logique de façon simplifiée pour donner un ordre de grandeur rapide ; pour un chiffrage ferme, la calculatrice officielle DGEC fait foi.
Le CBAM ne taxe pas directement la production européenne, mais les producteurs des secteurs couverts perdent progressivement leurs quotas gratuits ETS sur la même trajectoire. Nous détaillons cet effet dans notre guide CBAM pour les industriels.