Par Guillaume Pakula · Publié le 24 mars 2026 · Mis à jour le 17 octobre 2026
Pas toujours. Depuis les standards publiés par B Lab en avril 2025, seules les entreprises d'au moins 250 salariés et 75 millions de dollars de chiffre d'affaires doivent mesurer leurs émissions des scopes 1, 2 et 3. Elles les font vérifier chaque année par un tiers accrédité. Les plus petites publient un plan d'action climat aux objectifs mesurables, sans mesure exigée. Un Bilan Carbone® reste la base la plus solide pour choisir ces objectifs.
Depuis mars 2026, toute entreprise qui demande la certification B Corp est évaluée sur les nouveaux standards de B Lab, publiés en avril 2025 et appliqués dans leur version 2.1. Leur volet climat ne demande pas la même chose à tout le monde : la taille de l'entreprise décide si elle doit mesurer ses émissions de gaz à effet de serre, ou seulement publier un plan pour les réduire.
B Lab mesure cette taille sur 2 critères, l'effectif en équivalents temps plein et le chiffre d'affaires en dollars, et retient le plus petit des 2 depuis novembre 2025. Une entreprise de 300 salariés qui réalise 40 millions de dollars de chiffre d'affaires est donc classée moyenne, et aucune mesure de ses émissions ne lui est demandée.
Plus de 640 entreprises sont certifiées B Corp en France, selon B Lab France en août 2026. Jusqu'en 2025, la certification reposait sur un questionnaire noté, le B Impact Assessment, où il fallait atteindre 80 points. Un Bilan Carbone® y rapportait des points sans rien bloquer : une entreprise pouvait être certifiée sans avoir mesuré ses émissions.
Les nouveaux standards remplacent ce score par des exigences obligatoires, réparties en 7 sujets : gouvernance, travail équitable, diversité et inclusion, droits humains, action climatique, gestion de l'environnement et circularité, affaires publiques et action collective. Selon sa taille, son secteur et son pays, une entreprise doit en remplir de 20 à 124.
Le sujet Climate Action se découpe en 3 familles d'exigences, que B Lab résume ainsi :
Ces exigences ne tombent pas toutes le jour de la certification. Le cycle dure 5 ans : une partie est due à l'année 0, d'autres s'ajoutent à l'année 3 puis à l'année 5, et les audits suivent ce rythme. Une notation EcoVadis ne dispense d'aucune de ces exigences.
Non, aucune mesure n'est exigée d'une micro, petite ou moyenne entreprise. B Lab s'en explique dans la présentation du sujet : mesurer ses émissions coûte cher à une petite structure, et des objectifs fixés sur des données fragiles l'exposeraient au greenwashing. L'exigence porte donc sur l'action et sa publication.
Dès la certification, l'entreprise publie un plan d'action climat qui remplit 4 conditions :
À l'année 3, l'entreprise montre qu'elle agit selon ce plan, suit chaque année ses objectifs et publie ses progrès. B Lab cite 3 postes où les petites entreprises trouvent le plus souvent leurs premiers leviers.
Sans mesure, le risque est de viser les postes visibles plutôt que les postes lourds. Selon une note technique de CDP, le scope 3 pèse en moyenne 75 % des émissions déclarées par les secteurs à fort impact. Un bilan, même simplifié, dit où se trouve l'essentiel avant de choisir les objectifs, puis sert d'année de référence pour réduire les émissions.
Une PME devient B Corp sans bilan carbone si elle publie des objectifs climat mesurables et rend compte de ses progrès.
Pour une PME éligible, le Diag Décarbon'Action de Bpifrance et de l'ADEME ramène un bilan complet à 6 000 € HT de reste à charge, pour un forfait de 10 000 € HT. Hors aide, le prix d'un bilan carbone suit le périmètre et la qualité des données, sans barème officiel.
À partir de la taille « Large », soit 250 salariés et 75 millions de dollars de chiffre d'affaires au moins, la mesure devient la base du dossier. Dès l'année 0, l'entreprise tient chaque année un inventaire des scopes 1, 2 et 3 selon le GHG Protocol ou la norme ISO 14064-1:2018. Elle justifie chaque catégorie du scope 3 qu'elle exclut et publie son total en 2 versions, avec le mix moyen du réseau électrique et avec ses contrats de fourniture.
Un Bilan Carbone® peut servir de base : l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC), qui porte la méthode, déclare sa formation et ses outils compatibles avec l'ISO 14064 et le GHG Protocol. Le rapport présente alors les émissions par scope, comme B Lab les attend.
Cet inventaire est vérifié par un tiers accrédité, à partir de l'exercice qui précède la certification, puis chaque année. B Lab cite en exemple un vérificateur accrédité selon l'ISO 14064-3, qui couvre les scopes 1 et 2 et toutes les catégories pertinentes du scope 3. Une réponse publiée à CDP peut accompagner l'inventaire, mais ne le remplace pas.
À l'année 3 s'ajoutent des objectifs fondés sur la science, à court terme et à l'horizon du net zéro, validés par l'initiative SBTi (Science Based Targets) ou vérifiés par un tiers indépendant. Un plan de transition approuvé par le conseil dit comment les atteindre et avec quel budget. À l'année 5, l'entreprise publie chaque année ses baisses en tCO2e et en pourcentage de son année de référence.
Dans les secteurs à fort impact, comme l'industrie, le commerce ou l'agriculture, une grande entreprise consulte aussi ses salariés et ses fournisseurs sur ce plan. Dès l'année 3, si elle verse une rémunération variable à ses dirigeants, elle y intègre les objectifs climat.
Non. L'ABC, qui détient la marque Bilan Carbone®, écrit qu'un « Bilan Carbone® certifié » renverrait à un processus qui n'existe pas. Elle délivre un certificat de formation aux personnes, encadre la conformité des logiciels et propose depuis 2025 une évaluation volontaire des bilans, qui peut se conclure par une attestation.
Pour B Lab, la preuve attendue d'une grande entreprise est un inventaire vérifié chaque année par un tiers accrédité.
Ce que B Lab demande aux grandes entreprises est une autre démarche : la vérification de l'inventaire par un organisme accrédité, qui rend un avis d'assurance. Les façons de faire contrôler un bilan et le choix du vérificateur sont détaillés dans notre guide pour faire vérifier un bilan carbone réalisé en interne. Dans une démarche B Corp, c'est l'entreprise qui est certifiée, par un auditeur tiers depuis 2026.
Le bon moment dépend de la taille. Une grande entreprise fait vérifier l'inventaire de l'exercice qui précède sa certification : pour un dépôt en 2027, c'est le bilan de l'exercice 2026 qui doit être calculé puis vérifié. Comme l'inventaire se refait ensuite chaque année, mieux vaut le construire pour être relu.
Une PME n'a pas d'inventaire à fournir, mais son plan doit être publié avant le dépôt. La certification elle-même prend 2 à 6 mois du dépôt au certificat, selon le nombre d'écarts majeurs à corriger. Les B Corp déjà certifiées suivent un calendrier de transition.
Pour une marque qui vend aux consommateurs de l'Union européenne, la date que cite B Lab est le 27 septembre 2026, date d'application de la directive EmpCo sur les labels de durabilité. Côté budget, la grille 2026 de B Lab Europe fixe des frais de dépôt de 250 à 1 000 € pour une entreprise française. La cotisation annuelle part de 2 000 €, l'audit de l'organisme tiers s'y ajoute, et la grille change au 1er janvier 2027.
Pour nous, au Projet Celsius, une PME qui vise B Corp gagne à faire un Bilan Carbone® même si rien ne l'y oblige. Sans mesure, ses objectifs visent souvent les déplacements ou l'électricité, alors que les achats pèsent souvent davantage. Pour une entreprise qui approche les 250 salariés, nous conseillons de bâtir le bilan comme un inventaire vérifiable dès la 1re année, exclusions justifiées et sources archivées, pour ne pas refaire la collecte quand la vérification deviendra obligatoire.
Pour la vérification elle-même, voir comment faire vérifier un bilan carbone, et pour le budget, combien coûte un bilan carbone.
Seulement pour les grandes entreprises. Depuis les standards publiés par B Lab en avril 2025, une entreprise d'au moins 250 salariés et 75 millions de dollars de chiffre d'affaires mesure chaque année ses émissions des scopes 1, 2 et 3. Un tiers accrédité les vérifie. En dessous, elle publie un plan d'action climat aux objectifs mesurables, sans mesure exigée.
Non. Les standards de B Lab réservent la mesure des scopes 1, 2 et 3 aux entreprises de taille « Large » et au-delà. Une PME fixe des objectifs sur des postes concrets, comme les déplacements, les achats ou le transport, et publie ses progrès. Mesurer son scope 3 reste utile pour choisir ces objectifs, puisqu'il pèse souvent l'essentiel des émissions.
Oui pour les grandes entreprises, à partir de l'année 3 du cycle de certification. Leurs objectifs de réduction, à court terme et à l'horizon du net zéro, couvrent les scopes 1, 2 et 3 et sont validés par la SBTi ou vérifiés par un tiers indépendant. Les micro, petites et moyennes entreprises n'y sont pas tenues : leur plan d'action climat suffit.
Un tiers indépendant et accrédité, choisi par l'entreprise. B Lab cite l'exemple d'un vérificateur accrédité selon l'ISO 14064-3, qui contrôle l'inventaire chaque année et remet un avis d'assurance. Cette vérification est distincte de l'audit de certification B Corp, mené depuis février 2026 par les organismes retenus par B Lab, To-Cert et SCS Global Services.
En France, la grille 2026 de B Lab Europe prévoit des frais de dépôt uniques de 250 à 1 000 €, puis une cotisation annuelle de 2 000 € jusqu'à 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui monte par paliers. L'audit de l'année 0, mené par un organisme tiers, coûte de 1 500 € pour une micro-entreprise à 15 000 € pour une grande. En 2027, la cotisation de base passe à 1 600 € et l'organisme facture l'audit directement.
Non, les 2 relèvent de logiques différentes. La CSRD est une obligation européenne de reporting, que la directive Omnibus du 24 février 2026 réserve aux entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires. B Corp est une certification volontaire. Une entreprise concernée par les 2 peut utiliser le même inventaire pour la norme climat de la CSRD et pour B Lab.