Autour des « emballages interdits en 2030 » circulent des listes à 7 formats, des seuils de 50 ml et des films palette bannis : le texte final dit autre chose. L'annexe V du PPWR (règlement (UE) 2025/40) interdit 6 formats à usage unique à la mise sur le marché au 1er janvier 2030. On vous explique, secteur par secteur, ce qui tombe, ce qui reste permis, et le réflexe ACV pour choisir l'alternative sans déplacer l'impact.
Si « emballages interdits 2030 » vous a amené ici, voici la réponse sans détour : 6 formats d'emballage à usage unique ne pourront plus être mis sur le marché européen à partir du 1er janvier 2030. C'est l'annexe V du PPWR. 2 idées reçues à évacuer d'emblée : le texte final ne fixe aucun seuil de 50 ml pour les miniatures d'hôtel, et le film palette n'y figure pas.
La suite, en clair : d'où vient cette liste et pourquoi elle est plus courte qu'annoncé, ce qui tombe secteur par secteur, qui est concerné et à quelle date, la carte mentale interdit / sous objectif / permis, et comment choisir l'alternative sans déplacer l'impact. Pour le règlement dans son ensemble, voyez le guide complet du PPWR.
L'annexe V est la liste noire des emballages du PPWR : des formats jugés évitables, dont l'usage unique n'apporte aucune fonction que le réemploi ou le vrac ne couvre déjà. Elle s'active au 1er janvier 2030 (article 25). Comme le PPWR est un règlement et non une directive, elle s'applique directement et à l'identique dans les 27 États, sans loi française pour la déclencher.
Pourquoi 6 et pas 7 ? Parce que les communiqués de 2024 décrivaient une proposition, pas le texte voté. En chemin, le seuil de 50 ml sur les miniatures a disparu (c'est le format qui est visé, pas la contenance), le film palette est sorti de la liste noire pour passer sous objectif de réemploi, et un sac très léger y est entré. La Commission a publié en mars 2026 un guidance document qui fige l'interprétation ligne à ligne.
Les 6 lignes de l'annexe V ne pèsent pas partout pareil. 3 secteurs concentrent l'essentiel de la bascule, chacun avec sa logique : un changement de service en hôtellerie, un terrain déjà préparé en restauration, un chantier de données et d'achats en magasin.
Le point 5 interdit les miniatures de cosmétique et d'hygiène fournies avec la chambre et jetées entre 2 clients : flacons de shampoing, lotions, savonnettes. Particularité lourde : c'est la seule ligne qui vise tous les matériaux, pas seulement le plastique. La miniature carton ou « compostable » tombe aussi. S'y ajoutent les portions individuelles servies à table (point 4) : confitures, sucre, crème pour café. L'alternative existe déjà sur étagère - distributeurs rechargeables, formats à pompe, contenants de table - et se chiffre dans un Bilan Carbone® d'hôtel.
Le point 3 interdit les emballages plastique à usage unique remplis et consommés sur place : assiettes, gobelets, barquettes, boîtes. La vente à emporter n'est pas visée, les établissements sans accès à l'eau potable sont exemptés, et les États peuvent déroger pour les microentreprises quand le réemploi est techniquement impossible. Pour le marché français, la marche est moins haute qu'il n'y paraît : la loi AGEC impose déjà la vaisselle réemployable sur place en restauration rapide depuis 2023.
3 lignes tombent en rayon : les multipacks sous film plastique de pure commodité (point 1), les sachets et barquettes plastique pour moins de 1,5 kg de fruits et légumes frais (point 2, avec dérogations nationales et une liste d'exclusions attendue pour février 2027), et les sacs très légers de moins de 15 microns (point 6). Pour ces emballages-là, l'alternative passe souvent par le vrac ou une refonte matière, pas par un simple changement de fournisseur.
Le règlement vise le metteur en marché : quiconque rend un produit emballé disponible à la vente dans l'UE, sans seuil de taille - l'importateur, l'e-commerçant, l'enseigne qui vend sous sa marque. Un hôtel ou un restaurant n'est pas metteur en marché de ses consommables, mais il subit l'interdiction par ses achats : en 2030, ses fournisseurs ne pourront plus livrer les formats listés. Pour situer votre rôle, le test du metteur en marché tient en quelques questions.
L'interdiction frappe au 1er janvier 2030, mais le chantier commence avant. Dès le 12 août 2026, tout metteur en marché doit produire une déclaration de conformité par référence d'emballage, signée et conservée 5 à 10 ans. L'inventaire qu'elle exige est exactement celui qui prépare 2030 : autant ne le faire qu'une fois. Le déroulé est dans le calendrier des échéances.
La gravité dépend de votre rôle. Le metteur en marché signe la déclaration et répond devant les autorités : un format interdit encore au catalogue en 2030 est une infraction. L'acheteur de consommables (hôtel, restaurant) ne risque pas l'amende sur ce point, mais une rupture d'approvisionnement et une substitution négociée au pire moment. L'urgence, elle, dépend du chemin de substitution : 6 à 12 mois quand l'alternative existe sur étagère, 12 à 18 mois quand elle exige une refonte industrialisée avec tests et ACV.
C'est le point où l'on confond tout, et c'est normal. 3 statuts coexistent au 1er janvier 2030, et les ranger évite des chantiers inutiles :
Le réflexe utile : ne pas traiter un emballage « sous objectif » comme un interdit, ni l'inverse. Le film palette ne se supprime pas, il se réemploie ; la miniature d'hôtel, elle, disparaît.
Chaque ligne a ses alternatives, mais conforme ne veut pas dire meilleur. Le piège classique de la mise en conformité est de changer de matériau pour cocher la case : le sac papier émet souvent plus à produire qu'un film fin, le gobelet réutilisable n'amortit ses lavages qu'au fil des cycles, et les bioplastiques déplacent une partie de l'impact vers l'usage des sols.
Au Projet Celsius, la règle d'arbitrage tient en une phrase : on ne bascule pas un format qu'on n'a pas mesuré. Seule une ACV comparative, qui regarde tous les impacts sur tout le cycle de vie, départage 2 alternatives. Budget connu : une ACV comparative d'emballage se chiffre entre 20 000 et 50 000 € pour 3 à 5 références, sur environ 4 mois, et le Diag Décarbon'Action en finance une partie pour les PME éligibles.
Dernier angle mort : présenter comme « écologique » un emballage tout juste conforme cumule 2 risques, car les allégations sont encadrées par la directive EmpCo - la méthode pour prouver une allégation vaut aussi pour vos emballages.
Le temps utile avant 2030 se compte en fenêtres de décision : 2027-2028 pour les refontes industrielles, fin 2028 pour les solutions sur étagère. L'inventaire des références exposées, lui, sert dès le 12 août 2026 pour la déclaration de conformité : c'est le premier geste, commun à toutes les échéances du calendrier PPWR.
Celles qui sont fournies avec la chambre et jetées entre 2 clients, oui : flacons, lotions, sachets de savonnettes, quel que soit le matériau. C'est la seule ligne de l'annexe V qui ne vise pas que le plastique. Les formats rechargeables fixes et les distributeurs muraux restent permis.
Pas entièrement. 5 lignes sur 6 visent le plastique à usage unique, mais les miniatures de l'hébergement sont interdites quel que soit le matériau, carton et compostable compris. Pour le reste, le carton relève surtout de la recyclabilité et du contenu recyclé, pas des formats interdits.
Non. Les multipacks sous film de pure commodité sont interdits (annexe V). Le film palette, lui, n'est pas interdit : il relève d'un objectif de réemploi de 40 % en 2030 (article 29). L'un sort du marché, l'autre doit évoluer vers du réutilisable.
L'interdiction porte sur la mise sur le marché, c'est-à-dire la première mise à disposition dans l'UE. Un lot déjà mis sur le marché avant 2030 peut s'écouler ; un lot importé ou commercialisé pour la première fois après cette date est illégal, même fabriqué avant.
Oui. C'est un règlement européen d'application directe : il s'impose à l'identique dans les 27 États membres, aux dates du texte. Seul le régime de sanctions est fixé nationalement, au plus tard en février 2027, avec des amendes administratives obligatoires et un possible retrait du marché.