Par Sébastien Pierfederici · Publié le 27 avril 2026 · Mis à jour le 17 octobre 2026
L'outil officiel, Ecobalyse, et la déclaration sur le portail public sont gratuits : ce qui coûte, c'est de réunir les données de chaque produit auprès des fournisseurs, et parfois une analyse de cycle de vie. Aucun barème public ne fixe le prix d'un accompagnement. Les seuls repères publics sont le Diag Éco-conception, à 5 400 ou 7 200 € HT de reste à charge, et les estimations de la Commission européenne, de 500 € pour une allégation simple à environ 8 000 € pour une étude d'empreinte de produit.
Depuis le 1er octobre 2025, une marque de vêtements peut afficher le coût environnemental de ses produits, calculé avec l'outil public Ecobalyse et déclaré sur un portail de l'État. Au 17 octobre 2026, 188 marques y avaient déposé plus de 118 500 références, selon les statistiques du portail. L'outil comme le portail sont gratuits.
Ce qu'une marque paie est ailleurs : le temps de réunir, pour chaque vêtement, des informations que ses fournisseurs ne lui donnent pas toujours, et parfois une étude d'analyse de cycle de vie (ACV) pour aller plus loin. Les sections suivantes reprennent ces postes un par un, puis secteur par secteur.
Le décret du 6 septembre 2025 fixe ce qu'une marque doit faire si elle affiche le coût environnemental d'un vêtement. Chacune de ces étapes a un coût différent, en argent ou en temps :
Aucun texte n'oblige à passer par un prestataire. Une marque qui connaît ses fournisseurs peut tout faire en interne, et c'est souvent le volume de références qui décide d'externaliser ou non, comme l'expliquent les 5 outils comparés.
Le portail reçoit le score, sa décomposition, le coefficient de durabilité, la date et la version de la méthode ; les données détaillées restent réservées à la DGCCRF, aux ministères et à l'ADEME. La marque doit aussi tenir les justificatifs du calcul à la disposition de la DGCCRF. Tenir ce classement, fournisseur par fournisseur, prend du temps, et c'est lui qui permet de répondre à un contrôle.
L'affichage textile reste volontaire au 17 octobre 2026. Le 1er octobre 2026 n'a créé aucune obligation d'afficher, mais 2 règles nouvelles. Un tiers peut désormais calculer et publier le score d'un produit sans l'accord de la marque, et quiconque communique un autre score environnemental sur un vêtement doit aussi afficher son coût environnemental. À l'inverse, un affichage non conforme expose à une amende de 15 000 € au plus pour une entreprise. Ne rien faire a donc aussi un prix, que détaille notre article sur les risques.
Rien. Ecobalyse, l'outil public de calcul, est gratuitement accessible en ligne, selon ses conditions d'utilisation. Un calcul se lance sans compte ; un compte gratuit donne accès au détail des impacts par catégorie, issus de la Base Empreinte de l'ADEME et d'un accord avec la base ecoinvent.
Pour plusieurs centaines de références, la saisie à la main devient le vrai coût. Le portail accepte les déclarations par API : au 17 octobre 2026, plus de 90 000 des déclarations déposées étaient passées par ce canal. Brancher l'API sur le logiciel produit de la marque est un travail informatique ponctuel, qui évite de ressaisir chaque vêtement.
Une marque sans équipe informatique a un autre canal : le dépôt de fichier, qui regroupe plusieurs références en un envoi. Au 17 octobre 2026, le portail en comptait 2 772. Le choix entre la saisie, le fichier et l'API dépend surtout du nombre de références et du rythme des collections, puisque chaque nouveau vêtement devra être déclaré avant d'être affiché.
L'arrêté du 6 septembre 2025 ne vise que les vêtements. Le linge de maison, les produits à usage unique, les vêtements qui contiennent de l'électronique et ceux dont plus de 20 % de la masse est faite de matières non modélisées en sont exclus. Pour ces produits, il n'existe pas d'outil officiel, et une marque qui veut communiquer sur leur impact repart d'une étude classique.
Des éditeurs proposent des logiciels qui reprennent la méthode et automatisent la collecte. Leur prix relève de chaque éditeur et n'est pas encadré. Ils ne dispensent pas de la donnée : un logiciel calcule ce qu'on lui donne, et comble les vides par les mêmes valeurs par défaut qu'Ecobalyse. Pour un produit hors textile, une étude d'empreinte selon la méthode européenne PEF peut demander une licence de base de données, dont le prix dépend de l'éditeur.
L'arrêté du 6 septembre 2025 rend 6 informations obligatoires pour chaque vêtement. La marque connaît les 3 premières ; les 3 autres dépendent de ses fournisseurs :
Ces 3 pays ne peuvent pas rester en « pays inconnu » : sans eux, aucun score ne peut être déclaré. D'autres informations sont facultatives, mais chacune a une valeur par défaut. Un pays de filature inconnu est calculé comme l'Inde, une largeur de gamme non renseignée vaut 100 000 références, et une entreprise non renseignée devient une grande entreprise sans service de réparation.
Ces valeurs par défaut sont défavorables : une marque n'a aucun intérêt à laisser une case vide, même quand l'information est difficile à obtenir. Dans les exemples officiels de la version réglementaire d'Ecobalyse, un t-shirt en coton de 150 g tricoté, teint et confectionné en France obtient 577 points. Son « majorant par défaut », qui laisse vides les pays de fabrication et compte une gamme de 100 000 références, en obtient 1 558. L'outil accepte ce calcul, mais une marque ne pourrait pas le déclarer tel quel, faute des 3 pays obligatoires. L'écart mêle l'effet des pays, de la gamme, du prix et des cases vides.
La largeur de gamme et l'incitation à la réparation (prix du vêtement, coût d'une réparation, service proposé) pèsent chacune pour moitié dans le coefficient de durabilité, qui va de 0,67 à 1,45 selon l'arrêté. Ce sont des informations que la marque connaît sans rien demander à personne : les laisser vides revient à payer en points une donnée gratuite.
Le prix d'un score tient moins à l'outil, gratuit, qu'au nombre de fournisseurs qu'il faut interroger.
La collecte se prépare comme un questionnaire court, envoyé une fois par fournisseur plutôt qu'une fois par vêtement :
Aucune source officielle ne chiffre le temps nécessaire pour scorer un vêtement. Il dépend du nombre de fournisseurs différents, de leur rang dans la chaîne et de ce que prévoient déjà les contrats d'achat. Une gamme fabriquée par 2 ateliers qui achètent le même tissu se renseigne vite ; une gamme répartie entre 15 sous-traitants qui ne connaissent pas leurs filateurs demande bien plus d'échanges.
Oui, parce que tous les secteurs n'en sont pas au même point. La loi Climat et résilience de 2021 a lancé des expérimentations dans 5 secteurs, du textile à l'hôtellerie, mais au 17 octobre 2026 seul le textile dispose d'un décret. La pièce ci-dessous résume l'état de chacun des 3 secteurs les plus avancés.
Le textile est le seul secteur où l'on sait exactement quoi fournir : la méthode, l'outil et le portail sont publiés. Un autre coût, distinct, s'y ajoute depuis le 1er septembre 2026. La loi contre la mode ultra-express du 8 juillet 2026 ne s'appuie pas sur le coût environnemental. Elle module pourtant l'éco-contribution de la filière textile selon des critères voisins : étendue de la gamme, fréquence des offres et incitation à la réparation. La pénalité par produit peut atteindre 12 € en 2026, et 20 € à partir de 2030.
Pour les meubles, aucun décret ni arrêté n'est publié, et aucune date d'affichage n'est fixée. L'ADEME attend une première proposition de méthode d'ici fin 2026, et le score d'un meuble reste à anticiper. Pour l'alimentaire, l'ADEME indique qu'un score existe sur une base volontaire depuis le printemps 2026, calculé avec les données d'Ecobalyse, et qu'une enseigne l'affiche déjà sur ses produits vendus en ligne.
Dans les 2 cas, préparer les données coûte la même chose qu'en textile, sans savoir encore lesquelles seront exigées. Une marque de meubles peut toutefois commencer par ce que toute méthode demandera : les matériaux, leur masse et leur origine, composant par composant. Le calendrier par secteur suit l'avancée des textes.
La loi de 2021 prévoit aussi des expérimentations pour l'hôtellerie et l'électronique, sans texte publié au 17 octobre 2026. Le code de l'environnement renvoie à un décret la liste des catégories où l'affichage deviendra obligatoire, et impose dès maintenant qu'un affichage volontaire respecte la méthode fixée pour sa catégorie quand elle existe. Pour ces produits, le seul coût engagé aujourd'hui est celui d'une étude d'impact choisie par l'entreprise.
Pour afficher le coût environnemental d'un vêtement, non : Ecobalyse fait le calcul à partir des données saisies. Une analyse de cycle de vie sert à autre chose, comme comparer 2 matières avant de choisir, préparer un secteur qui n'a pas encore d'outil, ou justifier une autre allégation que le score officiel.
Aucun barème public ne fixe le prix d'une ACV ou d'un accompagnement. La Commission européenne a toutefois publié des ordres de grandeur dans sa proposition de directive sur les allégations écologiques, en mars 2023 (une proposition qui attend toujours la position du Conseil, pas un texte en vigueur). Elle estime à 500 € la justification d'une allégation simple, comme une matière utilisée, et à environ 8 000 € une étude d'empreinte de produit.
Ce dernier montant est ramené à 4 000 € quand des règles par catégorie de produit existent, et l'empreinte d'une organisation entière, sans règles sectorielles, monte à 54 000 €. Ce sont des estimations moyennes, pas des prix de marché : notre guide sur le prix d'une ACV détaille ce qui fait varier ce budget.
Le seul prix public d'un accompagnement est celui du Diag Éco-conception de Bpifrance et de l'ADEME. Il prévoit 18 jours d'intervention d'un expert sur 10 mois, avec une évaluation fondée sur l'ACV, des leviers chiffrés et un plan d'actions. Il reste 5 400 € HT à la charge d'une entreprise de moins de 50 salariés, après une subvention de 70 %, et 7 200 € HT de 50 à 250 salariés, après une subvention de 60 %.
Le prix total est de 18 000 € HT, et l'entreprise l'avance en entier. La 1re facture du bureau d'études vaut son reste à charge. La 2e, de 12 600 € HT sous 50 salariés ou 10 800 € HT au-delà, lui est remboursée par Bpifrance dans les 4 mois qui suivent l'envoi des justificatifs. Notre panorama des aides à la transition recense les autres dispositifs.
La plupart des économies viennent de l'ordre dans lequel on travaille, plus que du choix d'un outil. 5 décisions réduisent le temps passé :
Les mêmes données serviront ensuite au passeport numérique de produit prévu par le règlement européen ESPR, et à toute démarche d'éco-conception. Elles nourrissent aussi les allégations sur les produits, qui doivent être prouvées une par une.
Avant un devis, demandez-vous combien de vos fournisseurs connaissent leurs propres fournisseurs.
Pour nous, au Projet Celsius, c'est la bonne question à poser, bien avant « combien coûte un score ? ». Un premier tour sur quelques vêtements donne la réponse, et chiffre le reste mieux que n'importe quelle fourchette. Notre accompagnement à l'affichage environnemental part de cette cartographie, et peut s'appuyer sur une première ACV de produit, ou sur le Diag Éco-conception quand l'entreprise y est éligible.
Pour le cadre complet, voyez notre guide de l'affichage environnemental ; pour les secteurs voisins, l'éco-conception textile et les émissions de la chaîne d'approvisionnement.
Aucun barème public ne le fixe. L'outil Ecobalyse et la déclaration sur le portail de l'État sont gratuits ; le coût est surtout le temps passé à réunir les données de chaque vêtement auprès des fournisseurs. Les seuls repères publics sont le Diag Éco-conception, à 5 400 ou 7 200 € HT de reste à charge, et les estimations de la Commission européenne, de 500 € pour une allégation simple à environ 8 000 € pour une étude d'empreinte de produit.
Non. Ecobalyse est gratuitement accessible en ligne, et un calcul se lance sans compte. Un compte gratuit donne accès au détail des impacts par catégorie. Son API est ouverte et son usage commercial est autorisé. La déclaration sur le portail public est elle aussi gratuite, avec un compte ProConnect.
Non, au 17 octobre 2026 il reste volontaire. Mais une marque qui affiche doit suivre la méthode officielle et déclarer d'abord ses scores sur le portail. Depuis le 1er octobre 2026, un tiers peut publier le score d'un produit, et quiconque communique un autre score environnemental sur un vêtement doit aussi afficher son coût environnemental.
Non. Ecobalyse calcule le score à partir de 6 informations obligatoires par vêtement : type, masse, matières, pays du tissage ou du tricotage, pays de l'ennoblissement et pays de la confection. Une ACV sert à d'autres besoins, comme comparer des matières ou préparer un secteur qui n'a pas encore d'outil officiel.
Cela dépend de la donnée. Sans le pays du tissage, de l'ennoblissement ou de la confection, le score ne peut pas être déclaré. Une donnée facultative prend une valeur par défaut défavorable : un pays de filature inconnu est calculé comme l'Inde, et une gamme non renseignée vaut 100 000 références. Dans les exemples officiels, un t-shirt fabriqué en France obtient 577 points, et son « majorant par défaut », sans pays de fabrication et donc non déclarable par une marque, 1 558.
La loi Climat et résilience a lancé des expérimentations dans 5 secteurs : textile, alimentaire, ameublement, hôtellerie et électronique. Au 17 octobre 2026, seul le textile dispose d'un décret. L'alimentaire a un score volontaire depuis le printemps 2026, et l'ameublement attend une première proposition de méthode d'ici fin 2026, sans date d'affichage.