Une requête ChatGPT coûte autour de ~0,3 Wh, le même ordre de grandeur qu'une recherche Google : le fameux « 10 fois plus » reposait sur un chiffre périmé, divisé par 10 par les mesures récentes. Et pour une PME de 200 salariés, l'IA représente moins de 1 % du Bilan Carbone®. Le vrai poste numérique, c'est la fabrication des équipements : allonger la durée de vie d'un parc de PC de 4 à 6 ans réduit l'empreinte numérique de 30 à 50 %.
Google a publié son rapport environnemental 2024 : ses émissions ont augmenté de 48 % en 5 ans, principalement à cause des data centers nécessaires à l'IA générative. C'est le paradoxe le plus visible de la tech actuelle. Mais qu'est-ce que ça veut dire pour votre entreprise ?
Spoiler : probablement beaucoup moins que ce que les gros titres laissent penser. L'empreinte carbone de l'IA en entreprise est un sujet qu'il faut regarder avec des ordres de grandeur plutôt qu'avec des slogans.
On a longtemps répété qu'une requête à un modèle d'IA consommait 2 à 3 Wh, soit 10 à 15 fois une recherche Google. Ce chiffre est désormais périmé. Les analyses récentes l'ont divisé par environ 10 : selon Epoch AI, l'ancienne estimation était « ~10 fois trop élevée ». Pour le détail modèle par modèle, le comparatif ChatGPT, Claude, Gemini classe les chiffres 2026.
Le réel pour une requête texte courte (ChatGPT, Gemini, Claude) tourne autour de ~0,3 Wh : Google a mesuré une requête Gemini médiane à ~0,24 Wh (étude arXiv 2508.15734), Sam Altman avance ~0,34 Wh pour ChatGPT, et un benchmark de GPT-4o donne ~0,43 Wh. Autrement dit, une requête IA et une recherche Google sont du même ordre de grandeur : on est loin du facteur 10. Pour le détail de cette comparaison, voir requête ChatGPT vs recherche Google.
Pour une PME de 200 salariés qui utilise intensivement des outils d'IA (100 requêtes par salarié et par jour, ce qui est déjà beaucoup), l'empreinte annuelle reste inférieure à une tonne de CO₂. C'est faible comparé aux postes majeurs :
Si l'usage de l'IA double chaque année (c'est le cas dans beaucoup d'entreprises) et si les gains d'efficience des modèles ne compensent pas la croissance (pour l'instant ils ne compensent pas - les gains sont absorbés par l'augmentation de la taille des modèles), le poste numérique pourrait devenir significatif d'ici 5 à 10 ans.
L'intégrer dès maintenant dans votre Bilan Carbone® vous donne une base de référence pour mesurer cette évolution. Les méthodologies existent (référentiel ADEME numérique, base de données Boavizta) même si elles sont encore jeunes.
Par ordre d'impact décroissant :
L'IA a un coût carbone réel mais encore marginal pour la plupart des organisations. Le vrai enjeu numérique est la fabrication des équipements, pas l'usage des services cloud. Surveillez la trajectoire, pas le niveau actuel.
Environ 0,3 Wh pour une requête texte courte. L'estimation longtemps répandue (2-3 Wh, soit 10 fois une recherche Google) a été divisée par environ 10 par les analyses récentes : Google mesure une requête Gemini médiane à ~0,24 Wh, Sam Altman avance ~0,34 Wh pour ChatGPT. Une requête IA et une recherche Google sont aujourd'hui du même ordre de grandeur.
Non, pas pour la majorité des entreprises. Les postes prioritaires restent les achats (scope 3), l'énergie et les déplacements. L'IA représente < 1 % du bilan dans la plupart des cas. C'est un poste à intégrer et à surveiller, pas une urgence.
Le référentiel ADEME numérique et la base de données Boavizta fournissent des facteurs d'émission par type de service cloud. En pratique, votre fournisseur cloud (AWS, Azure, GCP) publie aussi des données d'émissions par service. On les intègre dans le Bilan Carbone® au poste services numériques du scope 3.
Non. L'enjeu est d'utiliser l'IA de façon ciblée plutôt que systématique, et de choisir des hébergeurs avec un mix électrique bas carbone. Arrêter l'IA pour gagner 1 tonne quand les déplacements du CODIR en émettent 24 serait un mauvais arbitrage.
Oui, 5 à 10 fois moins en analyse de cycle de vie, grâce au mix électrique français (90 % décarboné, principalement nucléaire). C'est un levier simple et rarement exploité : choisir un hébergeur qui utilise des data centers en France ou en Scandinavie.
Oui, si elle est utilisée à bon escient : optimisation logistique, analyse de données de consommation, modélisation de scénarios de réduction. L'IA est un outil, pas une fin en soi. Son bilan net dépend de ce qu'elle permet d'économiser vs ce qu'elle consomme.