Affichage textile : ce qui change le 1er octobre 2026

Affichage textile : ce qui change le 1er octobre 2026

L'affichage du coût environnemental des vêtements reste volontaire en France. Ce qui bascule le 1er octobre 2026 n'est donc pas une obligation générale d'afficher, mais deux protections transitoires qui disparaissent. Un tiers pourra calculer et publier ce chiffre pour une marque sans lui demander son avis, et une entreprise qui affiche déjà un score environnemental devra le faire figurer à côté.

Depuis le 1er octobre 2025, une marque peut afficher le coût environnemental de ses produits textiles d'habillement, périmètre fixé par arrêté, un nombre de points d'impact calculé selon une méthode publique. Le décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 fixe qui peut le calculer, comment, et ce qu'il faut publier pour avoir le droit d'en parler.

Deux de ses articles protègent encore les marques, mais jusqu'au 1er octobre 2026 seulement. Passé cette date, ces protections disparaissent.

L'affichage reste volontaire, ce sont les protections qui disparaissent

Premier malentendu à écarter. Le 1er octobre 2026 ne rend l'affichage obligatoire pour personne. Le dispositif français est construit sur le volontariat : l'article D. 541-243 encadre celui qui « porte volontairement à la connaissance du consommateur le coût environnemental » de ses produits.

Ce qui change, c'est le contrôle qu'une marque garde sur cette information. Jusqu'ici, une entreprise qui ne voulait pas afficher pouvait rester silencieuse, et personne ne pouvait publier de coût environnemental à sa place dans le cadre du décret. Le 1er octobre 2026 retire cette protection.

Un tiers pourra publier votre coût environnemental sans votre accord

L'article D. 541-244 ouvre le calcul à tout le monde, mais pas sans contrepartie : « Toute personne morale ou physique peut calculer et communiquer le coût environnemental d'une référence d'un produit textile, sur la base des données disponibles ou de données estimées à partir des données disponibles, en respectant l'ensemble des conditions définies à l'article D. 541-243. »

Vient ensuite la phrase qui expire. « Jusqu'au 1er octobre 2026, cette possibilité est applicable uniquement si les personnes mentionnées à l'article D. 541-243 ont donné leur accord ou publié le coût environnemental concerné sur le portail visé à l'article D. 541-243. » Après cette date, ni l'accord ni la publication préalable ne sont exigés.

Une association, un média, une plateforme de comparaison ou un concurrent pourra donc calculer le coût environnemental de vos références à partir de données estimées, et le publier. Votre silence ne vous protège plus.

Le tiers n'a pas les mains libres pour autant

Le même article impose au tiers de respecter « l'ensemble des conditions définies à l'article D. 541-243 ». Il doit donc déposer sur le portail officiel le coût calculé, sa décomposition par catégorie d'impact, le coefficient de durabilité, l'identification de la référence, la date du calcul, sa propre nature juridique et la version de méthodologie utilisée. Il doit aussi rendre le coût accessible au moment de l'achat et respecter la signalétique officielle.

S'y ajoute une charge que peu de tiers mesurent. Le portail ne reçoit pas que le résultat. Pour chaque paramètre de la méthodologie, les données ayant servi au calcul doivent y être déposées. Elles sont consultables par les agents de la répression des fraudes, des ministères et de l'ADEME. L'article R. 541-246 impose en outre de tenir à leur disposition les éléments justifiant le calcul. Un tiers qui publie s'expose donc au même contrôle qu'une marque.

Deuxième garde-fou, et c'est le plus utile à connaître pour une marque. Si le fabricant, l'importateur ou tout autre metteur sur le marché détermine lui-même le coût environnemental d'une de ses références, « alors ce coût environnemental est l'information utilisée par toute personne communiquant volontairement dessus ». Le tiers doit s'aligner dans un délai qui ne peut excéder un mois.

Autrement dit, publier votre propre calcul est le moyen le plus direct de faire prévaloir votre chiffre sur celui d'un autre. Le décret ne prévoit en revanche aucune procédure de contestation, ni ne dit à partir de quel événement court le délai d'un mois. C'est un argument différent de celui du risque de ne rien publier, qui portait jusqu'ici surtout sur la pression commerciale.

Si vous publiez un score, vous devrez publier le coût environnemental

L'article D. 541-245 vise une autre situation. « Toute personne morale ou physique qui communique volontairement sur un score relatif à un ou plusieurs impacts environnementaux d'un produit textile doit également communiquer sur le coût environnemental. » Et ce score « ne doit pas être contradictoire ou prêter à confusion » avec le coût environnemental.

La phrase transitoire, ici encore, expire : « Jusqu'au 1er octobre 2026, cette obligation n'est applicable que si le fabricant, l'importateur ou tout autre metteur sur le marché a calculé et communiqué le coût environnemental des références de produit textile visées. » Après, elle s'applique dans tous les cas.

Le point mérite attention pour les marques qui ont développé leur propre indicateur avant que le dispositif public n'existe. À partir du 1er octobre 2026, ce chiffre devra cohabiter avec le coût environnemental, et ne pas le contredire. Si le score est communiqué sur un support physique, le coût environnemental doit l'être aussi.

Ce qu'il faut retenir

La méthode et le calculateur existent déjà. L'outil Ecobalyse, développé par l'État et l'ADEME, permet de calculer gratuitement le coût environnemental d'une référence, et notre présentation de l'outil détaille son fonctionnement. Le calendrier par secteur et le guide général de l'affichage situent le textile dans l'ensemble du dispositif.

Pour une marque qui vend du textile, la question utile n'est plus de savoir si elle veut afficher, mais quel chiffre sortirait de ses propres références, et si elle préfère le découvrir avant qu'un tiers ne le publie. C'est aussi le moment de regarder les leviers d'éco-conception textile, puisque le coefficient de durabilité récompense la largeur de gamme maîtrisée et l'incitation à la réparation.

L'affichage du coût environnemental devient-il obligatoire le 1er octobre 2026 ?

Non. Le dispositif français reste volontaire. Ce qui change à cette date, ce sont deux conditions transitoires inscrites dans les articles D. 541-244 et D. 541-245 du code de l'environnement. La première protégeait les marques contre la publication de leur coût par un tiers, la seconde limitait l'obligation d'afficher le coût environnemental quand on publie déjà un score. Les deux disparaissent.

Un concurrent peut-il vraiment publier mon coût environnemental ?

À partir du 1er octobre 2026, oui, comme toute personne physique ou morale. Il devra toutefois respecter l'ensemble des conditions de l'article D. 541-243 : déposer le calcul et ses données sur le portail officiel, indiquer la date du calcul, sa nature juridique et la version de méthodologie utilisée, et employer la signalétique prévue. Un chiffre publié en dehors de ce cadre n'est pas conforme.

Que se passe-t-il si le chiffre publié par un tiers me paraît faux ?

Le décret prévoit une hiérarchie. Si vous déterminez vous-même le coût environnemental d'une référence, ou si vous l'actualisez, c'est votre valeur qui devient l'information de référence pour toute personne qui communique dessus. Le tiers doit s'aligner dans un délai qui ne peut excéder un mois. Publier votre propre calcul est donc la réponse la plus directe.

Mon label interne « éco-responsable » est-il concerné ?

Cela dépend de sa forme. L'article D. 541-245 vise la communication sur un score relatif à un ou plusieurs impacts environnementaux, pas les allégations qualitatives. Une mention du type « démarche responsable » n'est pas un score. Un indice chiffré, une note ou un classement le sont, et déclenchent l'obligation de publier le coût environnemental officiel à côté.

Combien de temps faut-il pour calculer son coût environnemental ?

La méthode s'appuie sur des paramètres spécifiques au produit, type de produit, matières, pays de fabrication, que le fabricant doit renseigner. Le temps réel se passe en amont, à rassembler ces informations de façon fiable sur l'ensemble des références, et à décider lesquelles publier en premier.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour le coût affiché ?

Le coût environnemental peut être mis à jour au maximum une fois tous les trois mois. En cas d'évolution de la méthodologie officielle, l'actualisation doit intervenir dans un délai qui ne peut excéder douze mois, sauf lorsque la communication a été faite par marquage ou étiquetage sur le produit ou son emballage.