Par Guillaume Pakula · Publié le 16 janvier 2026 · Mis à jour le 27 mai 2026
Les deux noms circulent dans les mêmes appels d'offres, et on imagine volontiers que l'un serait plus simple, donc moins coûteux. En pratique, il n'y a pas d'écart de prix entre Bilan Carbone® et GHG Protocol pour la quasi-totalité des missions : les 2 méthodes sont compatibles avec la norme ISO 14064-1 et reposent sur la même collecte et les mêmes facteurs d'émission. Quand un écart de facture existe, il tient à 4 variables, détaillées ici, avec la façon d'obtenir les deux formats au prix d'un.
Sur le papier, Bilan Carbone® et GHG Protocol semblent deux méthodes concurrentes. Dans la réalité technique, ce sont deux formats de rapport pour exactement le même travail de collecte et de calcul.
Les 2 méthodes sont compatibles entre elles et avec la norme internationale ISO 14064-1 : elles couvrent les mêmes gaz à effet de serre (les 6 du protocole de Kyoto plus le NF3), distinguent les émissions directes, les émissions indirectes liées à l'énergie et les autres émissions indirectes, et s'appuient sur les mêmes bases de facteurs d'émission - principalement la Base Empreinte ADEME pour les données françaises. La phase de collecte représente 60 à 70 % du coût d'une mission, et elle est rigoureusement identique quel que soit le format de sortie choisi.
Ce qui diffère, c'est la structure du rapport final. Le Bilan Carbone® organise les émissions en 11 postes métier (énergie, achats, fret, déplacements, etc.). Le GHG Protocol les organise en 15 catégories amont-aval standardisées (biens et services achetés, transport amont, utilisation des produits vendus, fin de vie). Depuis la V9 du Bilan Carbone® publiée en juillet 2024 par l'Association Bilan Carbone®, la correspondance entre les deux est directe et ne demande que quelques heures de mise en forme.
Demander un bilan en GHG Protocol à un cabinet qui travaille habituellement en Bilan Carbone® ne doit donc pas modifier votre devis. S'il change, demandez au prestataire ce qui justifie l'écart.
Quand 2 devis affichent des prix très différents, l'écart s'explique par 4 variables, indépendantes du choix de la méthode.
La taille et la complexité de l'entreprise. Une PME mono-site avec 30 salariés et une activité de services coûte 8 000 à 12 000 € HT. Une ETI multi-sites avec 400 salariés et une supply chain internationale coûte 25 000 à 50 000 € HT. Le rapport de prix est de 1 à 5, sans rapport avec la méthode choisie - il tient au volume de données à traiter et au nombre d'interlocuteurs à mobiliser.
La profondeur du scope 3. Le scope 3 représente en moyenne 88 % des émissions d'une entreprise, mais on peut le traiter à différents niveaux de granularité. Entre un scope 3 en ratios monétaires basiques et un scope 3 en données physiques avec facteurs d'émission sectoriels précis, le prix varie de 30 à 60 %. C'est le principal facteur d'écart entre devis, bien plus que le choix de la méthode - la question est obligatoire ou pas, mais aussi et surtout à quel niveau.
Le profil du prestataire. Un cabinet indépendant certifié ABC facture 11 000 à 15 000 € HT pour une mission PME classique. Un grand cabinet parisien facture 25 000 à 40 000 € HT pour la même mission. Les plateformes en libre-service facturent moins mais déportent une grande partie de la charge sur l'équipe interne. Le choix du prestataire pèse plus sur la facture que celui de la méthode.
Les livrables annexes. Un bilan seul, sans plan d'action ni restitution au comex, coûte moins cher qu'une mission complète avec feuille de route chiffrée, accompagnement SBTi et présentation stratégique. Attention aux devis qui semblent bas : ils excluent souvent le plan d'action, qui est la partie qui rend le bilan utile. On développe ce point dans notre guide des leviers pour réduire le coût d'un Bilan Carbone®.
Anecdote du terrain : on a audité récemment deux devis pour une PME de 80 salariés. Le premier, étiqueté "GHG Protocol", demandait 28 000 € HT - le cabinet facturait la méthode comme un livrable à part entière, avec un supplément "expertise internationale". Le second, étiqueté "Bilan Carbone®", était à 13 500 € HT pour exactement le même scope. Mêmes données, mêmes facteurs ADEME, mêmes entretiens : seul le nom de la méthode en couverture justifiait le doublement du devis. Ce genre de surfacturation par confusion existe encore, surtout en direction des PME qui découvrent le sujet.
Puisque les deux coûtent la même chose, la question se pose uniquement sur le format de sortie qui parle le mieux à vos interlocuteurs.
Privilégier le Bilan Carbone® si vous êtes une entreprise française avec un BEGES réglementaire à déposer sur la plateforme ADEME, si vous prévoyez de demander un Diag Décarbon'Action (qui exige la méthode Bilan Carbone® et un cabinet certifié ABC), si vos donneurs d'ordre sont français, ou si votre direction raisonne en postes d'activité.
Privilégier le GHG Protocol si vous publiez un rapport CSRD/ESRS E1 (le standard climat européen de reporting extra-financier) avec un angle international, si vous répondez à un questionnaire investisseur CDP (Carbon Disclosure Project, référence mondiale des investisseurs), si vous construisez une trajectoire SBTi (cadre mondial pour aligner les objectifs de réduction sur l'Accord de Paris), si votre maison-mère est étrangère, ou si vos donneurs d'ordre internationaux parlent la langue des 15 catégories.
Le bon réflexe est de demander les deux formats dans la même mission. Pour un cabinet sérieux, livrer un rapport Bilan Carbone® ADEME accompagné d'une note GHG Protocol convertie représente quelques heures de mise en forme. Si un prestataire refuse, demandez-lui pourquoi.
L'erreur la plus courante dans les appels d'offres consiste à comparer des devis « GHG Protocol » et « Bilan Carbone® » comme s'il s'agissait de missions différentes. Ce qui distingue réellement les propositions tient en 5 points :
Ce sont ces 5 points qu'il faut comparer entre 2 devis.
Face à 2 devis, l'un « GHG Protocol », l'autre « Bilan Carbone® », comparez la profondeur du scope 3, le nombre de jours de consultant, la présence d'un plan d'action et le profil du cabinet : c'est là que se trouve l'écart de prix, presque jamais dans la méthode. Un bon prestataire vous livrera les 2 formats dans une seule mission, puisque le travail de fond est le même.
Le choix de la méthode se fait donc sur l'usage du rapport : conformité française, dossier CSRD, trajectoire SBTi, réponse à un donneur d'ordre. Le budget et la collecte restent les mêmes.
Non, pour la quasi-totalité des missions. Bilan Carbone® et GHG Protocol sont compatibles entre eux et avec la norme ISO 14064-1 : mêmes gaz, mêmes données d'activité et mêmes facteurs d'émission, principalement ceux de la Base Empreinte de l'ADEME. La collecte, qui représente 60 à 70 % du coût d'une mission, est identique. Seule la structure du rapport change : 11 postes métier pour le Bilan Carbone®, 15 catégories amont-aval pour le GHG Protocol. Depuis la V9 du Bilan Carbone®, publiée en juillet 2024, passer d'un format à l'autre demande quelques heures de mise en forme. Un devis qui varie selon la méthode appelle une explication du prestataire.
Parce que certains cabinets facturent la méthode comme un livrable à part entière, souvent avec un supplément « expertise internationale ». Nous avons ainsi vu, pour une PME de 80 salariés, un devis « GHG Protocol » à 28 000 € HT face à un devis « Bilan Carbone® » à 13 500 € HT pour exactement le même périmètre. Quand l'écart est justifié, il vient d'ailleurs : taille et complexité de l'entreprise, profondeur du scope 3, profil du prestataire et livrables annexes comme le plan d'action ou l'accompagnement SBTi. Ce sont ces points qu'il faut comparer entre 2 devis, plutôt que le nom de la méthode.
Non, le Diag Décarbon'Action exige la méthode Bilan Carbone® et un prestataire référencé par Bpifrance, certifié Bilan Carbone® ou équivalent. Le dispositif finance 40 % d'un forfait de 10 000 € HT, soit 6 000 € HT de reste à charge, pour les entreprises de moins de 500 salariés. Rien n'empêche ensuite de demander une note au format GHG Protocol : depuis la V9 du Bilan Carbone®, la correspondance entre les 11 postes et les 15 catégories est directe et ne demande que quelques heures de mise en forme. Mieux vaut la prévoir dès le devis pour l'obtenir dans la même mission.
La taille de l'entreprise, la profondeur du scope 3, le profil du prestataire et les livrables annexes. Une PME de services mono-site de 30 salariés coûte 8 000 à 12 000 € HT, une ETI multi-sites de 400 salariés 25 000 à 50 000 € HT. Traiter le scope 3 en données physiques plutôt qu'en ratios monétaires fait varier le prix de 30 à 60 %. Un cabinet indépendant certifié ABC facture une mission PME classique 11 000 à 15 000 € HT, un grand cabinet parisien 25 000 à 40 000 € HT. Enfin, un devis bas exclut souvent le plan d'action, qui rend le bilan utile.
Le budget ne départage pas Bilan Carbone® et GHG Protocol, qui coûtent la même chose : c'est l'usage du rapport qui tranche. Le Bilan Carbone® convient pour un BEGES à déposer sur la plateforme de l'ADEME, pour un Diag Décarbon'Action ou face à des donneurs d'ordre français. Le GHG Protocol est préférable pour un rapport CSRD à dimension internationale, un questionnaire CDP, une trajectoire SBTi ou une maison-mère étrangère. Le plus simple reste de demander les 2 formats dans la même mission : pour un cabinet sérieux, la conversion représente quelques heures de mise en forme, sans doubler la facture.