Qu'est-ce que le GHG Protocol ?
En quoi diffère-t-il du Bilan Carbone® ?

Qu'est-ce que le GHG Protocol ? En quoi diffère-t-il du Bilan Carbone® ?

Par Alexandre Veilly · Publié le 12 avril 2026 · Mis à jour le 17 octobre 2026

Le GHG Protocol est le référentiel international de comptabilité carbone des entreprises, publié depuis 2001 par le WRI et le WBCSD. Il range les émissions en 3 scopes, dont un scope 3 en 15 catégories, et compte 7 gaz. Le Bilan Carbone® compte les mêmes émissions en 10 postes ; une table de correspondance de l'ABC fait le lien, source par source. Les 2 sont compatibles avec la norme ISO 14064-1, et l'ISO et le GHG Protocol préparent une norme unique.

Les points clés à retenir

  1. Le GHG Protocol est le référentiel carbone mondial depuis 2001.
  2. 3 scopes, 15 catégories, 7 gaz forment sa grille de comptage.
  3. Le Bilan Carbone® compte les mêmes émissions en 10 postes.
  4. Le format se choisit selon le destinataire du bilan : BEGES, CSRD, SBTi ou investisseurs.

Le GHG Protocol, pour Greenhouse Gas Protocol, est le référentiel international de comptabilité carbone des entreprises. Il est publié par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) depuis 2001. En 2023, 97 % des entreprises du S&P 500 qui répondaient au CDP déclaraient leurs émissions avec lui, selon le GHG Protocol.

En France, il croise une méthode née presque en même temps, la méthode Bilan Carbone®. Les 2 comptent les mêmes émissions et les rangent différemment. Le choix entre elles dépend surtout de l'usage du bilan et de celui qui le lira.

Qu'est-ce que le GHG Protocol ?

Le GHG Protocol est né à la fin des années 1990 d'un partenariat entre une ONG, le WRI, et un réseau d'entreprises, le WBCSD. Ses standards se téléchargent librement et sont révisés par un conseil indépendant des normes, appuyé par des groupes de travail techniques. En 2007, l'ISO résumait ainsi leur partage : la norme ISO 14064, parue en 2006, dit ce qu'il faut faire pour compter ses émissions, et le GHG Protocol dit aussi comment le faire.

Une famille de standards

Le GHG Protocol est une suite de standards, publiés et complétés depuis 2001. Pour le bilan d'une entreprise, 4 textes et 1 amendement comptent :

Le Corporate Standard pose 5 principes : pertinence, exhaustivité, cohérence, transparence et exactitude. Il exige les scopes 1 et 2 au minimum et laisse le scope 3 facultatif, même si les normes de la CSRD et SBTi le demandent aujourd'hui.

Une refonte en cours avec l'ISO

Le GHG Protocol est en pleine révision. Sa consultation sur le scope 2, menée du 20 octobre au 19 décembre 2025, a reçu près de 1 100 réponses de 56 pays. Le 9 septembre 2025, l'ISO et le GHG Protocol ont annoncé qu'ils fusionneraient leurs standards. Le 29 juillet 2026, le GHG Protocol a précisé le calendrier : une norme unique, portant les 2 logos, sera soumise à consultation publique au 2e trimestre 2027 (GHG Protocol).

Comment le GHG Protocol range-t-il les émissions ?

Avant de compter, l'entreprise fixe son périmètre organisationnel. Le Corporate Standard lui laisse 2 approches : la part de capital qu'elle détient dans chaque entité, ou le contrôle, financier ou opérationnel. Les émissions de ce périmètre se rangent ensuite en 3 scopes :

Le CO2 issu de la combustion de biomasse se déclare à part, hors scope 1. Les scopes sont définis pour que 2 entreprises ne comptent jamais la même émission dans le même scope : le scope 1 d'un transporteur devient le scope 3 de son client. C'est cette grille, commune aux grands groupes du monde entier, qui fait du GHG Protocol la langue des acheteurs, quand ils vérifient les données de leurs fournisseurs.

En quoi diffère-t-il du Bilan Carbone® ?

Le Bilan Carbone® a été créé en 2004 par l'ADEME et il est porté depuis 2011 par l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC). Son guide méthodologique en est à la version 9, publiée en juillet 2024, que l'ABC appelle méthode Bilan Carbone® 2025. Elle compte 7 étapes et 3 niveaux de maturité, Initial, Standard et Avancé, et ajoute un plan de transition au comptage. Selon l'ABC, la méthode est compatible avec le GHG Protocol, la méthode réglementaire du BEGES, l'ISO 14064-1 et la CSRD.

2 façons de ranger les mêmes émissions

Le Bilan Carbone® répartit les émissions en 10 postes et 48 sous-postes, par grands flux : énergie, intrants, fret, déplacements, immobilisations, déchets, fin de vie. Le GHG Protocol les range par scope, selon qui contrôle la source. La méthode de l'ABC publie une table de correspondance entre les 2, et ses outils exportent le résultat au format GHG Protocol. La pièce ci-dessous montre où atterrit chaque poste.

Ce que la conversion déplace

La correspondance se fait source par source, pas poste par poste. Le poste « énergie » du Bilan Carbone® compte aussi l'amont des combustibles et les pertes en ligne, que le GHG Protocol range au scope 3, en catégorie 3. Le fret et les déplacements passent au scope 1 quand l'entreprise opère les véhicules, au scope 3 sinon. Les déplacements des visiteurs et l'utilisation des produits dite « en dépendance » n'ont aucune catégorie au GHG Protocol.

Pour que l'export fonctionne, chaque source doit donc être caractérisée dès la collecte : opérée ou non, détenue ou louée, payée ou non par l'entreprise. Cette caractérisation suit l'approche de contrôle retenue. Un bilan bien construit se convertit sans recollecte. Un bilan saisi poste par poste oblige à reprendre ces informations auprès des équipes.

Passer du Bilan Carbone® au GHG Protocol demande de savoir, pour chaque source, qui la contrôle et qui la paie.

La gouvernance et les facteurs d'émission

L'ABC maintient la méthode, forme les praticiens et propose depuis 2025 une évaluation des bilans par des experts certifiés, avec AFNOR Certification et l'ordre des experts-comptables. Le GHG Protocol publie des standards sans certifier ceux qui les appliquent. Il ne fixe pas non plus de règle sur la conduite d'une vérification, comme le rappelle notre guide pour faire vérifier un bilan réalisé en interne. Côté facteurs, le Bilan Carbone® prend pour référence en France la Base Empreinte de l'ADEME ; le GHG Protocol laisse le choix des sources, à condition de les documenter.

Quel rôle joue la norme ISO 14064 ?

L'ISO 14064-1, dans sa version de 2018, est la norme internationale de quantification des émissions d'une organisation. Elle range les émissions en 6 catégories, une grille que reprend la méthode réglementaire du BEGES : selon la plateforme de l'ADEME, un BEGES réglementaire est conforme à cette norme. Le GHG Protocol, publié avant elle, et le Bilan Carbone® sont compatibles avec cette norme et entre eux. La frise ci-dessous les suit sur 2 voies, le GHG Protocol d'un côté, l'ISO et la France de l'autre, jusqu'au projet de norme unique.

L'ISO 14064-3 encadre la vérification par un tiers d'une déclaration d'émissions. Elle ne remplace pas la méthode de calcul : elle s'y ajoute, quand un client, un investisseur ou un cadre comme SBTi demande un bilan vérifié. Le guide sur la vérification d'un bilan existant détaille ce cas, et le partenariat de 2025 entre l'ISO et le GHG Protocol devrait, à terme, réunir les 2 grilles dans une seule norme.

Quel référentiel retenir selon l'usage du bilan ?

Le choix dépend moins de la méthode que du destinataire du bilan. Chaque cadre cite son référentiel, et la pièce ci-dessous résume ce que disent les textes en vigueur ou publiés en octobre 2026.

Pour une entreprise française, une même collecte peut servir les 2 formats. Le Bilan Carbone® répond au BEGES et au Diag Décarbon'Action ; le GHG Protocol, à un rapport de durabilité, à une trajectoire SBTi ou à un client international. Les normes de la CSRD révisées renvoient au Corporate Standard tout en acceptant l'ISO 14064-1, ce que la norme climat ESRS E1 précise scope par scope. Une PME hors de ce champ peut tout de même recevoir la demande d'un client soumis à la CSRD, un cas traité dans le guide de la CSRD pour les PME.

Le choix de la méthode ne change pas le prix d'un bilan. Le GHG Protocol et le Bilan Carbone® demandent la même collecte et peuvent utiliser les mêmes facteurs d'émission. Seul le format de restitution diffère. Quand 2 devis s'écartent, l'écart tient à la taille et au nombre de sites de l'entreprise, à la profondeur du scope 3, traité par les dépenses ou par les quantités physiques, et aux livrables, plan de transition compris. Le guide du prix d'un bilan carbone donne les ordres de grandeur et la façon de comparer les devis. Le choix d'un logiciel de bilan carbone compte davantage, parce qu'il fixe la façon dont chaque source sera caractérisée.

Pour nous, au Projet Celsius, la première question à poser en cadrage est « à qui ce bilan est-il destiné ? ». Nous caractérisons chaque source dès la collecte, opérée ou non, détenue ou louée, pour que le même calcul sorte dans les 2 formats. Et nous suivons la refonte du GHG Protocol avec l'ISO : la norme unique attendue après 2027 pourrait changer la façon de déclarer le scope 2.

Ce qu'il faut retenir

Les 7 étapes et les 3 niveaux de la démarche française sont détaillés dans le guide de la méthode Bilan Carbone®.

Pour situer son entreprise face au BEGES, l'outil « Êtes-vous concerné ? » répond en 4 questions.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que le GHG Protocol ?

C'est le référentiel international de comptabilité des gaz à effet de serre, publié depuis 2001 par le World Resources Institute et le World Business Council for Sustainable Development. Son Corporate Standard fixe le périmètre et les 3 scopes ; d'autres standards traitent le scope 2, le scope 3 et les produits.

Quelle différence entre le GHG Protocol et le Bilan Carbone® ?

Les 2 comptent les mêmes émissions, mais les rangent différemment : 3 scopes et 15 catégories de scope 3 pour le GHG Protocol, 10 postes et 48 sous-postes pour le Bilan Carbone®. Le Bilan Carbone® ajoute un plan de transition et une évaluation des bilans par l'ABC. Une table de correspondance permet de passer de l'un à l'autre.

Le GHG Protocol est-il obligatoire en France ?

Aucune loi française ne l'impose en tant que tel. Le BEGES se déclare dans le format de la méthode réglementaire, mais le calcul peut venir du GHG Protocol, du Bilan Carbone® ou d'une autre méthode conforme à l'ISO 14064-1. Les ESRS révisés de la CSRD renvoient à son Corporate Standard tout en acceptant l'ISO 14064-1, et SBTi demande un inventaire aligné sur les standards du GHG Protocol.

Combien de gaz le GHG Protocol compte-t-il ?

7 : les 6 gaz du protocole de Kyoto, CO2, méthane, protoxyde d'azote, HFC, PFC et hexafluorure de soufre, plus le trifluorure d'azote, ajouté par un amendement de février 2013. Tous sont convertis en équivalent CO2 avec leur pouvoir de réchauffement global.

Quelle norme ISO correspond au GHG Protocol ?

L'ISO 14064-1, norme de quantification des émissions d'une organisation, publiée dans sa version actuelle en 2018. Selon l'ISO, les 2 sont compatibles depuis la 1re version de la norme, en 2006. L'ISO et le GHG Protocol ont signé un partenariat en septembre 2025, puis annoncé en juillet 2026 une norme unique, soumise à consultation au 2e trimestre 2027.

Peut-on convertir un Bilan Carbone® au format GHG Protocol ?

Oui. La méthode de l'ABC publie une table de correspondance et ses outils exportent le résultat au format GHG Protocol. La conversion se fait source par source : il faut savoir, pour chaque émission, si l'entreprise opère le véhicule ou l'équipement, si elle le possède et si elle paie le transport.