Par Sébastien Pierfederici · Publié le 6 novembre 2026
Pour mettre ses emballages en conformité PPWR, obligatoire depuis le 12 août 2026, une entreprise peut s'appuyer sur son éco-organisme, un logiciel, un cabinet technique comme le nôtre, un grand cabinet ou un avocat. Le fabricant de chaque type d'emballage doit établir sa documentation technique et sa déclaration UE de conformité. Chez nous, une mise en conformité simple coûte de l'ordre de 5 000 € HT pour une PME, et 10 000 à 15 000 € HT avec la REP, les dossiers et le suivi.
Cet article est écrit par Projet Celsius, l'une des options présentées. Nous avons décrit chaque option avec les mêmes rubriques, à partir de sources publiques relevées le 6 novembre 2026 ; aucun acteur cité n'a payé pour y figurer. Un acteur qui relève une erreur peut nous écrire : nous corrigeons et datons la correction.
Les sections suivantes reprennent ces lignes une par une, dans l'ordre où elles se posent à l'entreprise. Si la question est encore de savoir si vos emballages sont concernés, notre test PPWR : suis-je concerné ? vient avant.
Le règlement (UE) 2025/40 sur les emballages, dit PPWR, s'applique depuis le 12 août 2026 (article 71). Il attache ses obligations à des rôles : fabricant, importateur, distributeur. Le fabricant porte l'essentiel. Il ne met sur le marché que des emballages conformes, en évalue la conformité, lui-même ou par un tiers agissant en son nom, sans organisme notifié, puis établit la documentation technique et la déclaration UE de conformité (article 15), comme le résume notre guide du PPWR.
Le fabricant n'est pas forcément l'entreprise qui produit l'emballage. Le document d'orientation de la Commission du 10 juin 2026 précise qu'il n'existe qu'un seul fabricant dans une chaîne d'approvisionnement. Pour un emballage de vente, c'est en principe celui qui le remplit, souvent le propriétaire de la marque. Pour un emballage de transport, comme un carton d'expédition ou un film de palette, c'est en principe l'entreprise qui le fabrique, sauf s'il porte le nom ou la marque de son utilisateur. Un importateur ou un distributeur qui vend sous sa propre marque devient fabricant à son tour (article 21).
Une mise en conformité tient en 6 gestes, que l'entreprise fait seule ou accompagnée :
Les documents eux-mêmes ont un modèle fixé par le texte : notre article sur la déclaration de conformité PPWR le reprend rubrique par rubrique, et celui sur le dossier technique dit quelles preuves demander aux fournisseurs. Les critères de recyclabilité de 2030 attendent encore des actes de la Commission, comme le montre le calendrier du PPWR, alors que les limites de PFAS au contact alimentaire s'appliquent déjà.
Quelle que soit la personne qui rédige la déclaration de conformité, le fabricant en reste le seul responsable.
Une partie du travail ne demande aucune expertise extérieure, à condition d'avoir des données à jour :
Le travail se complique quand la réponse dépend d'un contrat, d'une marque ou d'un flux, et non plus d'une règle générale :
Ce sont ces cas qui demandent un jugement écrit, appuyé sur un article du texte ou du guide de la Commission.
Le 1er risque est commercial. Avant de vendre, le distributeur vérifie l'étiquetage, l'identification du fabricant et l'inscription du producteur au registre (article 19). S'il a des raisons de croire l'emballage non conforme, il s'abstient de le vendre tant qu'il n'a pas été mis en conformité. Dans les faits, un fournisseur qui ne peut pas montrer ses documents au client qui les demande risque le déréférencement.
Une déclaration absente ou mal établie, ou une documentation technique incomplète, est une non-conformité formelle : l'État membre exige d'y mettre fin et peut, si elle persiste, restreindre la vente de l'emballage ou le faire retirer (article 62). Le fabricant qui découvre une non-conformité doit lui-même corriger, retirer ou rappeler l'emballage, et prévenir les autorités (article 15).
Le règlement laisse aux États le soin de fixer leurs sanctions au plus tard le 12 février 2027 (article 68). Au 6 novembre 2026, aucune sanction française propre au PPWR n'est votée : le projet de loi d'adaptation au droit de l'Union, adopté par le Sénat le 18 février 2026, attend toujours l'Assemblée nationale. Notre article sur les sanctions du PPWR détaille ce qui s'applique déjà et ce qui reste en projet.
La REP a déjà les siennes. Le code de l'environnement (article L. 541-9-5) prévoit une amende administrative d'au plus 7 500 € par unité ou par tonne de produit pour une personne morale qui manque à ses obligations de REP, comme l'adhésion, et une astreinte d'au plus 20 000 € par jour ; l'identifiant unique REP doit en outre figurer sur ses documents. L'amendement adopté au Sénat porterait ce plafond à 1 % du chiffre d'affaires mondial. Ce sont des sanctions de la REP, pas du PPWR.
7 types d'acteurs proposent de l'aide sur le PPWR, rangés ici du plus grand client au plus petit : grands cabinets, organismes de contrôle, cabinets techniques, cabinets outillés, avocats, logiciels et éco-organismes. Chacun est décrit par ce qu'il livre, pour qui, son prix et ses limites ; nous en faisons partie.
Ils s'adressent d'abord aux groupes présents dans plusieurs pays. EY annonce en France la qualification des rôles et une feuille de route ; Deloitte et KPMG publient des offres PPWR hors de France. Les organismes de contrôle ajoutent les essais en laboratoire : Bureau Veritas cartographie les rôles le long de la chaîne et revoit la déclaration, SGS propose essais et analyse d'écarts. Tous travaillent sur devis. Aucun ne publie de prix. Ils couvrent plusieurs pays de vente et l'intégration au reporting, ce qui sert d'abord les groupes.
Ils visent les PME et les ETI qui veulent déléguer le travail, puis le reprendre. Projet Celsius mène pour l'entreprise les 6 gestes décrits plus haut, et lui remet la table des emballages, dont voici un exemple construit pour l'article, avec l'organisation qui permettra de tenir le dossier.
Projet Celsius est certifié Qualiopi pour ses actions de formation (certificat), et ses consultants forment pour l'Institut de Formation Carbone. Le cabinet ne fait pas de conseil juridique et ne couvre pas les registres de REP de tous les continents. D'autres cabinets français travaillent sur ce créneau : RecycleMe vend une check-list PPWR à partir de 995 € HT, et à partir de 3 250 € HT avec une formation ; EcoMundo propose de cartographier les emballages et les rôles, sur devis.
Des opérateurs de REP vendent du conseil adossé à un outil. Le groupe Landbell propose une analyse des rôles à 1 800 € et des ateliers de 1 999 € à 4 999 € HT, qui portent sur 2 ou 3 emballages pour les 2 premières formules. Le néerlandais RegSurance associe conseil et plateforme PaxHub, sur devis. Les avocats, comme Heuking en Allemagne, traitent un rôle contesté, un contrat ou un contentieux. Leur page décrit la qualification juridique, les contrats et les enregistrements ; un cabinet technique doit savoir dire quand les associer.
Les logiciels PPWR produisent les documents à partir de ce que l'entreprise y saisit, rôle compris. Les générateurs facturent la déclaration dès 49 € (PPWR-DOC), les plateformes de 29 à 299 € par mois chez PPWR Connect, et jusqu'à 799 € par mois pour 10 000 déclarations chez SimpliDoC. Des plateformes de comptabilité carbone ajoutent un module PPWR : Greenly annonce l'import des nomenclatures depuis l'ERP, la relance des fournisseurs et l'export des déclarations, sans prix publié. L'éditeur Polygon One l'écrit lui-même : l'attribution des rôles reste la décision du client, que l'outil cartographie sans la qualifier juridiquement.
Les éco-organismes agréés le 3 juin 2026 pour les emballages professionnels aident gratuitement leurs adhérents. Citeo Pro propose son kit Cap Emballages Pro, Léko Pro son espace MyLéko, Twiice avec un diagnostic en ligne et des modèles de déclaration REP. Leurs outils servent la déclaration REP. Reste la formation, pour que l'équipe achats et qualité fasse elle-même, ce que détaille notre programme de formation PPWR.
Aucun barème public ne couvre une mise en conformité complète. Chez nous, pour une PME, elle coûte de l'ordre de 5 000 € HT pour l'inventaire et la qualification des rôles. Avec la REP, les dossiers techniques des types dont l'entreprise est fabricant et le suivi, comptez 10 000 à 15 000 € HT, selon le nombre de références. Chaque mission reste chiffrée sur devis, comme l'ACV d'un emballage ou la trajectoire vers les objectifs de 2030 quand l'entreprise les demande.
Le prix suit le nombre de références, et surtout le nombre de types d'emballages qu'elles partagent :
Les prix d'appel du marché couvrent rarement le même périmètre : un générateur facture le document, un atelier couvre 2 ou 3 emballages, un abonnement donne accès à l'outil sans le travail de qualification. La comparaison n'a de sens qu'à inventaire égal et livrable égal. Mener la conformité et la REP sur le même inventaire évite de payer 2 fois la même collecte.
Pour nous, au Projet Celsius, la question utile est : qui tranchera les rôles de mes emballages, et qui tiendra le dossier ensuite ? Les critères pour départager 2 cabinets sont dans notre article sur le choix d'un cabinet PPWR ; voici ce que nous recommandons selon le profil.
Un logiciel vient ensuite, quand la liste des emballages et les rôles sont établis : il tient à jour les déclarations. Pour former l'équipe qui prendra le relais, notre programme de formation PPWR détaille les modules.
Pour comparer 2 cabinets entre eux, notre article sur l'audit de conformité PPWR donne les questions à poser et le livrable à exiger.
Le fabricant de l'emballage. Le document d'orientation de la Commission du 10 juin 2026 précise que la déclaration est rédigée par lui ou par un mandataire désigné par écrit, et qu'il reste le seul responsable de la conformité. Pour un emballage de vente, le fabricant est en principe celui qui le remplit, souvent le propriétaire de la marque. Un distributeur qui vend sous sa marque devient fabricant.
Un logiciel produit et tient à jour les déclarations, une fois que l'entreprise y a saisi ses emballages, ses fournisseurs et son rôle pour chacun. Il ne tranche pas ce rôle à sa place, ni les cas limites comme une marque de groupe ou un emballage modifié. Il suffit quand la liste des emballages et les rôles sont déjà établis.
Pas pour la plupart des emballages : établir les rôles, réunir les preuves et rédiger les documents relèvent d'un travail technique. Un avocat devient utile pour un rôle contesté avec un fournisseur, une clause de contrat ou un contrôle qui tourne au contentieux. Un cabinet technique doit savoir dire quand l'associer.
En partie. Citeo Pro, Léko Pro et Twiice mettent à disposition de leurs adhérents des guides, des modèles et des outils de recensement, gratuits. Ils aident à déclarer les tonnages de la REP. Ils n'analysent pas chaque emballage pour dire qui en est le fabricant et quelles preuves réunir : ce travail reste à l'entreprise ou à son prestataire.
Le règlement oblige les fournisseurs d'emballages et de matériaux à transmettre au fabricant toutes les informations et la documentation nécessaires (article 16). Une demande écrite qui vise le composant, le site et la période, avec une date de réponse, est le 1er recours. Sans réponse, l'entreprise documente ses relances et envisage un autre fournisseur.
Dès maintenant si ce n'est pas fait. Le règlement s'applique depuis le 12 août 2026 : un emballage mis sur le marché depuis cette date doit déjà avoir sa déclaration et sa documentation technique. L'adhésion à un éco-organisme de la REP des emballages professionnels doit être faite avant le 31 décembre 2026, et les sanctions doivent être fixées par la France au plus tard le 12 février 2027 (article 68).