Par Guillaume Pakula · Publié le 18 octobre 2026
Le règlement (UE) 2025/40 ne réserve l'audit des emballages à aucune profession et ne prévoit ni agrément ni certificat : le bon cabinet est celui qui établit votre rôle, emballage par emballage, puis date chaque exigence qui s'applique. Aucun audit n'est obligatoire, mais depuis le 12 août 2026 le fabricant tient une documentation technique et signe une déclaration de conformité pour chaque type d'emballage. Aucun barème public n'existe pour ce diagnostic ; chez Celsius, il coûte 15 000 à 30 000 € HT.
Le règlement européen sur les emballages, dit PPWR, ne parle nulle part d'audit. Il demande au fabricant de chaque type d'emballage d'en évaluer lui-même la conformité (annexe VII), sans organisme notifié, avant de le mettre sur le marché, puis de signer une déclaration UE de conformité (annexe VIII). Ce qu'on appelle « audit PPWR » est donc une prestation de conseil, que chaque cabinet définit à sa façon.
La prestation utile dépend donc de la question posée, et chacune appelle un autre métier. Cet article traite le 1er cas, le diagnostic de conformité d'un portefeuille d'emballages, et renvoie aux autres. Si la question est encore de savoir si l'entreprise est concernée, notre test PPWR : suis-je concerné ? vient avant.
Un diagnostic de conformité répond à une seule question : quelles exigences du règlement s'appliquent à chacun de mes emballages, et à partir de quand ? Il part de l'inventaire réel des emballages, composant par composant, et se termine par une liste d'écarts classés par échéance.
Le règlement attache ses obligations à des rôles, pas à des entreprises. Le fabricant est celui qui fait concevoir ou fabriquer l'emballage sous son nom ou sa marque, même s'il ne produit rien lui-même (article 3). Une enseigne qui vend des produits à sa marque en est donc le fabricant, comme le distributeur qui modifie un emballage au point d'en compromettre la conformité (article 21).
La même enseigne est distributeur des marques qu'elle revend et importateur de ce qu'elle achète hors de l'Union. Le fabricant établit la documentation technique, l'importateur vérifie qu'elle existe, le distributeur contrôle l'étiquetage et l'inscription du producteur au registre (articles 15, 18 et 19). Le producteur, redevable de la responsabilité élargie, est une autre notion, qui ne désigne pas toujours la même entreprise. Pour une micro-entreprise, ces obligations peuvent revenir à son fournisseur, un cas détaillé dans notre article pour les micro-entreprises.
4 prestations voisines se vendent sous le même mot, et un devis doit dire lesquelles il contient :
Non : aucun article n'impose un audit, un consultant ou un tiers. Le règlement impose un résultat et sa preuve. Depuis le 12 août 2026, le fabricant ne met sur le marché que des emballages conformes, et il établit pour chacun la documentation technique et la déclaration UE de conformité. Il les conserve 5 ans, ou 10 ans pour un emballage réutilisable, et les remet à l'autorité dans les 10 jours d'une demande motivée (article 15).
Un diagnostic mené en 2026 juge d'abord ce qui est déjà exigible :
Une documentation absente, incomplète ou erronée est une non-conformité formelle, que l'État membre exige de corriger et qui peut aller, si elle persiste, jusqu'au retrait de l'emballage (article 62). Les sanctions nationales doivent être fixées au plus tard le 12 février 2027 (article 68). En France, l'autorité compétente est la direction générale de la prévention des risques. Aucun texte ne fixe encore les sanctions : le projet de loi d'adaptation au droit de l'Union qui les prévoit, adopté par le Sénat le 18 février 2026, attend toujours son vote à l'Assemblée nationale.
Un diagnostic mené en 2026 corrige ce qui est déjà exigible et prépare 2030, sans pouvoir garantir des critères que la Commission n'a pas encore publiés.
Pour 2030, le règlement fixe les obligations mais renvoie leur mode de calcul à des actes de la Commission. Les classes de recyclabilité attendent des actes délégués dus au plus tard le 1er janvier 2028, et ne s'imposeront qu'à partir du 1er janvier 2030 ou 24 mois après ces actes, s'ils paraissent plus tard (article 6). La méthode du contenu recyclé est due le 31 décembre 2026, celle du taux d'espace vide le 12 février 2028. Les formats interdits en 2030, eux, sont listés dans le texte (annexe V) et se repèrent dès aujourd'hui.
La Commission prévoit elle-même de proposer ces actes d'exécution et ces actes délégués dans les 2 à 3 ans qui suivent son document d'orientation du 10 juin 2026. Un cabinet peut déjà situer chaque emballage face à ces exigences et repérer ceux qu'il faudra revoir. Il ne peut pas garantir leur conformité avant que les critères existent.
Le règlement ne réserve la mission à aucune profession et n'agrée aucun consultant. Le choix se fait donc sur la compétence montrée, en 3 temps : ce qui ne se négocie pas, les questions qui départagent, les promesses qui doivent faire hésiter.
Le cabinet doit savoir lire à la fois le règlement et un emballage. Il lit le texte article par article, avec ses dates conditionnelles et les orientations de la Commission, et l'emballage composant par composant, avec ses matériaux, ses encres, ses adhésifs et son emballage de transport. Une exigence se juge souvent sur un composant. La partie en plastique de moins de 5 % de la masse est exemptée du contenu recyclé (article 7), la boîte en carton échappe aux objectifs de réemploi (article 29), et les emballages de médicaments ont leurs propres exemptions.
Il doit aussi séparer la conformité de l'emballage, qui suit la mise sur le marché dans l'Union, de la REP dans chaque pays de vente, qui a ses propres registres, éco-organismes et échéances. Les 2 se préparent ensemble, mais un devis qui les confond ne dit pas qui fait quoi. Enfin, un cabinet qui a conçu une refonte ne relit pas ses propres preuves, la règle qui vaut aussi pour une revue critique d'ACV.
5 questions départagent 2 ou 3 cabinets en un entretien :
Certaines offres promettent ce que le règlement ne permet pas encore de livrer :
Un diagnostic complet suit 5 étapes, dont la 3e produit le livrable principal :
L'exemple ci-dessous est construit pour l'article : 5 emballages d'une marque d'épicerie vendue en magasin et en ligne, croisés avec 6 exigences du règlement, telles qu'un diagnostic les présenterait.
La matrice montre ce qu'une grille générique cache. La bouteille et le sachet n'ont pas le même taux de recyclé à atteindre. Le bocal en verre échappe à cette exigence, parce que son seul plastique pèse moins de 5 % de l'unité, et le colis en carton échappe aux objectifs de réemploi que le film de palette doit préparer, même après l'exemption accordée en 2026.
Aucun barème public n'existe pour un diagnostic de conformité PPWR. Chez Celsius, l'audit et l'inventaire d'un portefeuille coûtent 15 000 à 30 000 € HT, sur environ 3 mois, comme l'indique notre offre d'accompagnement PPWR. La charge suit le nombre de types d'emballages et de composants, bien plus que le chiffre d'affaires : 30 références qui partagent 3 formats se traitent plus vite que 10 références à 10 formats. Le délai dépend surtout de la vitesse à laquelle les fournisseurs transmettent leurs pièces.
Le prix public le plus proche est celui du Diag Écoconception de l'ADEME, opéré par Bpifrance pour les PME : 18 jours d'accompagnement sur 10 mois, soit 18 000 € HT avant subvention, analyse de cycle de vie comprise. Après la subvention de l'ADEME, une PME en paie 5 400 ou 7 200 € HT selon sa taille. Le dispositif porte sur l'écoconception d'un produit, pas sur la conformité d'un portefeuille, et notre article sur le financement du Diag en détaille les conditions.
Un premier échange utile se prépare avec 5 éléments :
Les fournisseurs doivent transmettre au fabricant toutes les informations et la documentation nécessaires (article 16). Les solliciter avant le diagnostic fait gagner les semaines que la collecte prend sinon. La déclaration UE de conformité qui en sortira se signe ensuite, type d'emballage par type d'emballage, et le calendrier complet du PPWR dit ce qui viendra après 2030.
Pour nous, au Projet Celsius, la question utile à poser à un cabinet est « quelle exigence s'applique à quel composant, et à quelle date ? ». Un diagnostic qui y répond ligne par ligne permet de corriger dès maintenant ce qui est exigible, substances, PFAS et documentation, et de lancer les refontes de 2030 en connaissance de cause. C'est ainsi que nous menons notre accompagnement PPWR, avec les ingénieurs qui écrivent nos guides du règlement, en renvoyant vers un laboratoire, un organisme certificateur ou un avocat ce qui relève d'eux.
Pour comparer cette démarche à celle d'un audit d'allégations, voyez comment choisir un prestataire EmpCo, et pour former les équipes qui produiront les preuves, notre article sur la formation PPWR.
Non. Le règlement (UE) 2025/40 n'impose ni audit, ni consultant, ni organisme tiers pour les emballages. Il impose au fabricant d'évaluer lui-même la conformité de chaque type d'emballage, d'établir une documentation technique et de signer une déclaration UE de conformité, depuis le 12 août 2026. Un diagnostic par un cabinet est un moyen d'y parvenir, pas une obligation.
Non. Le règlement ne réserve la mission à aucune profession et ne prévoit aucun agrément de consultant, ni aucun certificat de conformité de l'entreprise. Le choix se fait sur la compétence montrée : savoir établir le rôle de l'entreprise pour chaque emballage, lire le texte article par article et juger un emballage composant par composant.
Aucun barème public n'existe. Chez Celsius, un diagnostic de conformité PPWR coûte 15 000 à 30 000 € HT, sur environ 3 mois. La charge dépend du nombre de types d'emballages et de composants, du nombre de fournisseurs et de pays de vente, et des pièces déjà réunies. Pour comparer, demandez à 2 ou 3 cabinets un devis sur le même inventaire, avec le même livrable et les mêmes exclusions (essais, revue complète des preuves, avis juridique).
Il n'en a pas l'obligation, mais il doit vérifier, avant de vendre, l'étiquetage et l'inscription du producteur au registre (article 19). S'il vend des produits sous sa propre marque, il en devient le fabricant au sens du règlement et porte alors la documentation technique et la déclaration de conformité de ces emballages (articles 3 et 21).
En partie. Les limites de substances, les seuils de PFAS au contact alimentaire et la documentation technique s'appliquent depuis le 12 août 2026. Les classes de recyclabilité, la méthode du contenu recyclé et celle du taux d'espace vide dépendent d'actes dus entre fin 2026 et 2028 : on peut s'y préparer, pas en démontrer déjà la conformité.
La déclaration UE de conformité est un document obligatoire, signé par le fabricant pour chaque type d'emballage, selon le modèle de l'annexe VIII. L'audit, ou diagnostic, est une prestation facultative qui aide à savoir quelles exigences s'appliquent et quelles preuves manquent, avant de signer cette déclaration.