Par Guillaume Pakula · Publié le 19 février 2026 · Mis à jour le 27 mai 2026
Un Paris-Marseille émet 2,4 kgCO2e en TGV et environ 150 kgCO2e en avion, soit 60 fois plus. Dans le Bilan Carbone® d'une entreprise tertiaire, le report de l'avion vers le train est l'une des substitutions les plus simples et les plus rentables.
Un Paris-Marseille émet 2,4 kgCO2e en TGV, environ 120 kgCO2e en voiture et environ 150 kgCO2e en avion : le TGV émet 50 à 60 fois moins que ses alternatives sur ce trajet. La France dispose d'un des meilleurs réseaux à grande vitesse au monde, mais le train garde une image de mode lent et cher que les chiffres ci-dessous permettent de corriger.
Voici les émissions comparées, pour un aller simple, sur les principaux trajets professionnels au départ de Paris. Source : Base Empreinte de l'ADEME.
Un aller Paris-Barcelone en avion low-cost peut coûter 30 €, contre 100 à 200 € en train. La comparaison est faussée par les avantages fiscaux dont bénéficie l'aviation :
Si l'avion payait son coût réel (énergie, infrastructures, effets sur le climat), l'écart de prix avec le train se réduirait nettement. Dans son analyse de 2022 sur la taxation de l'énergie, la Cour des comptes européenne relève d'ailleurs l'exonération dont bénéficie le kérosène, que la Commission a proposé de supprimer en 2021 pour les vols intra-européens.
Le prix d'un billet d'avion ne reflète pas ce qu'il coûte : le kérosène n'est pas taxé, les billets internationaux échappent à la TVA et les aéroports régionaux sont subventionnés.
Le même siège peut coûter 29 € ou 129 € selon l'horaire et le taux de remplissage. La SNCF cherche à remplir ses trains, car un train à moitié vide consomme presque autant d'énergie qu'un train plein. Attirer les voyageurs flexibles vers les trains creux avec des prix bas, et laisser les trains de pointe aux voyageurs captifs à des prix plus élevés, est rationnel sur le plan économique comme sur le plan écologique.
En pratique, réserver tôt les trajets prévisibles permet souvent de voyager moins cher, puisque les prix montent à mesure que les trains se remplissent. Un contrat entreprise négocié avec la SNCF peut ajouter des réductions sur les tarifs publics, selon le volume de voyages.
Pour les trajets de 4 à 8 heures sans alternative rapide en TGV, le train de nuit est une option, même si l'offre au départ de Paris reste mince :
Le calcul économique est souvent favorable : le surcoût du billet de nuit est compensé par l'économie d'une nuit d'hôtel (80 à 150 €), et le salarié arrive reposé en centre-ville plutôt que dans un aéroport de périphérie.
Voici les règles que nous recommandons systématiquement, et que les entreprises que nous accompagnons adoptent de plus en plus :
Le TGV est l'un des modes de transport les moins émetteurs au monde par passager-kilomètre. Sous 4 heures de trajet, il fait au moins aussi bien que l'avion en temps porte-à-porte, pour des émissions sans commune mesure. Une politique train-first est l'un des leviers les plus simples d'une stratégie de réduction des émissions.
La ponctualité du TGV est d'environ 90 %, comparable à celle de l'aérien quand on inclut les retards, les annulations et les correspondances manquées. En cas de retard, le voyageur arrive tout de même en centre-ville.
La SNCF propose aux entreprises des contrats négociés, dont les réductions sur les tarifs publics dépendent du volume de voyages. Certains incluent aussi des avantages sur les échanges et la flexibilité des billets.
Oui. Le TGV roule sur le réseau électrique français, décarboné à plus de 90 %. Un Paris-Marseille émet 2,4 kgCO2e en TGV contre 150 kgCO2e en avion. L'écart est encore plus marqué qu'avec une voiture électrique, parce que le contact acier sur acier et le nombre de passagers transportés rendent le train bien plus efficace par voyageur.
Pour les trajets longs (Paris-Toulouse en 4h30, Paris-Nice en 5h45) ou avec correspondance, le bilan carbone reste très favorable au train. La question devient celle du temps acceptable pour l'entreprise : au-delà de 4 heures, l'arbitrage se fait au cas par cas, et le train de nuit est une option sur certains axes.
Le Bilan Carbone® documente les émissions par mode de transport et par trajet. C'est la base pour fixer des objectifs de report modal chiffrés (par exemple, passer de 30 % à 80 % de train sur les trajets de moins de 4 heures en 2 ans) et en mesurer les résultats.
L'entreprise agit d'abord par sa politique de déplacements. La règle la plus efficace est le train par défaut sous 4 heures de trajet, où l'avion n'a aucun avantage porte-à-porte, puis le train de nuit entre 4 et 8 heures quand l'offre existe, et l'avion seulement au-delà ou sans alternative raisonnable. 2 leviers rendent cette règle acceptable : un contrat entreprise négocié avec la SNCF et la réservation anticipée des trajets prévisibles. Le Bilan Carbone® mesure ensuite le report modal obtenu sur les déplacements professionnels.
Non, il est imbattable sur une plage précise. Sous 4 heures de trajet (Paris-Lyon, Paris-Bordeaux, Paris-Strasbourg, Paris-Bruxelles, Paris-Londres), il est plus rapide que l'avion en porte-à-porte et émet 20 à 80 fois moins. Entre 4 et 8 heures, le train de nuit peut prendre le relais quand l'offre existe, avec l'économie d'une nuit d'hôtel, mais le réseau reste limité : le Paris-Vienne s'est arrêté le 14 décembre 2025, et le Paris-Berlin n'a repris qu'en mars 2026 avec European Sleeper, 3 fois par semaine. Au-delà de 8 heures, ou sans alternative raisonnable, l'avion reste souvent la seule option.