Par Guillaume Pakula · Publié le 17 octobre 2026
Pour être acceptée à l'étranger, une fiche doit être une EPD selon la EN 15804+A2, vérifiée par le tiers que désigne ou approuve le programme du marché : l'International EPD System, l'IBU allemand, EPD-Global en Norvège. Une FDES française en est une sur le fond, mais INIES a quitté ECO Platform fin 2024 et sa reconnaissance avec l'IBU est suspendue. Les frais publiés vont de 220 € HT l'enregistrement d'une FDES chez INIES, vérificateur en sus, à 2 700 € la vérification à l'IBU, vérificateur compris.
Une FDES vérifiée en France ne suffit pas toujours à l'étranger. Le client allemand, norvégien ou suédois attend une EPD conforme à la norme EN 15804+A2, vérifiée selon les règles d'un programme qu'il connaît. Depuis le 1er janvier 2025, les nouvelles FDES ne portent plus le label ECO EPD, que reconnaissent les programmes européens.
Les sigles et la différence entre EPD et FDES sont expliqués dans le guide des déclarations environnementales. Le choix d'un vérificateur pour une FDES fait l'objet d'un article à part.
Une EPD de produit de construction suit partout la même norme, la EN 15804+A2, mais elle est publiée par un programme. Le programme fixe ses règles de catégorie, désigne ou approuve les vérificateurs et tient la base où les acheteurs cherchent. Les principaux, avec le nombre d'EPD que leur compte ECO Platform au 1er juillet 2026 :
Ces programmes sont membres d'ECO Platform, l'association européenne qui audite leurs règles. Ses 22 programmes établis totalisaient 33 009 EPD au 1er juillet 2026, d'après la somme de ses compteurs. Ce périmètre n'est pas celui de l'ECO Portal ni du catalogue complet de chaque programme, cités dans le guide des déclarations. Une EPD publiée par l'un d'eux porte le logo ECO EPD, que l'association présente comme reconnu dans toute l'Europe.
Le bon réflexe consiste à demander au client quelle base il lit, et dans quel outil il calcule. La réponse désigne le programme, et parfois une 2e inscription pour une EPD déjà publiée ailleurs.
Tous les programmes exigent une vérification par une tierce partie, selon l'ISO 14025, avant publication de l'analyse de cycle de vie sous forme d'EPD. Ils ne l'organisent pas de la même façon :
Dans tous les cas, le vérificateur reprend l'ACV qui fonde la déclaration : périmètre, données, scénarios et conformité aux règles de catégorie. Ce travail n'est pas une revue critique d'ACV, qui juge une étude selon l'ISO 14044 et dont le prix se chiffre à part.
Sur le fond, oui : une FDES est une EPD selon la EN 15804+A2, complétée par le complément national NF EN 15804+A2/CN. C'est la fiche que lisent les acteurs de l'écoconception d'un bâtiment en France, et ses indicateurs se lisent comme ceux d'une EPD étrangère. Mais 2 changements récents en limitent la portée.
D'après ECO Platform, l'Alliance HQE-GBC a mis fin à l'adhésion du programme INIES au 31 décembre 2024. INIES ne peut plus publier d'ECO EPD depuis le 1er janvier 2025. Les FDES déjà publiées sous ce label le gardent jusqu'à la fin de leur validité. Une FDES récente se présente donc à l'étranger sans le logo ECO EPD, et son acceptation dépend du client.
L'IBU indique que sa reconnaissance mutuelle avec INIES portait sur la version A1 de la norme. Elle est suspendue depuis le passage à l'A2, car le système français pose des exigences qui demandent une nouvelle vérification en France. L'IBU garde en revanche des accords avec EPD International, EPD-Global, le BRE, EPD Italy, AENOR, le programme danois et 2 programmes nord-américains. Selon lui, ces accords servent surtout à figurer dans la base de l'autre programme, ses EPD étant reconnues en général dans toute l'Europe.
À l'étranger, la fiche acceptée est celle que le client trouve dans la base qu'il consulte.
Pour vendre en Allemagne ou en Norvège, la voie la plus sûre reste donc une EPD publiée dans le programme du marché, à partir de la même ACV, plutôt qu'une FDES présentée telle quelle. Dans l'autre sens, une EPD étrangère ne remplace pas une FDES pour un calcul RE2020. INIES ne revérifie pas les modules A1 à A3 d'une EPD issue d'un programme d'ECO Platform. Un vérificateur habilité contrôle le reste, comme l'explique le guide des déclarations.
Les programmes publient leurs frais d'enregistrement, pas toujours le prix du vérificateur. Les barèmes en vigueur au 17 octobre 2026 :
Une EPD déjà publiée peut aussi être inscrite dans un 2e programme qui la reconnaît, à prix fixe : 500 € d'EPD International vers l'IBU, 285 € vers EPD-Global, selon leurs barèmes de double enregistrement. Aucune des 2 listes ne mène à INIES. EPD-Global ouvre en revanche une passerelle vers PEP ecopassport, à 300 €.
Côté délai, seul l'IBU publie un chiffre : 8 semaines de vérification dans l'idéal, mais environ 6 mois en période de forte demande, selon sa FAQ mise à jour en août 2024. Pour une FDES, les délais constatés sur des attestations publiées sont détaillés dans l'article sur le choix du vérificateur. Le temps de l'ACV s'ajoute. Son prix est détaillé dans combien coûte une ACV, et certaines aides publiques en financent une partie.
Avant de lancer l'étude, 5 points décident si l'EPD passera dans le programme visé :
Les données génériques posent un problème voisin. Une ACV qui utilise les données par défaut d'un pays ou un mix électrique français devra souvent être reprise pour un autre marché. L'IBU recommande d'ailleurs de décider dès l'étape de l'ACV si l'EPD sera reconnue dans un autre programme, pour faire les calculs supplémentaires à temps. Une ACV menée avec méthode garde ces hypothèses lisibles, même avec un petit budget.
Pour nous, au Projet Celsius, une seule ACV bien documentée, déclinée en autant d'EPD que de marchés, coûte moins cher que 2 études menées chacune pour un programme. Elle suppose de fixer dès le départ les règles de catégorie, la langue et les données de chaque marché visé. Nous réalisons l'ACV et préparons le dossier avec le fabricant. La vérification revient au vérificateur que le programme désigne ou approuve, dans une autre structure.
Pour décider entre FDES, EPD et PEP, voyez aussi quelle fiche publier et à quel coût.
Sur le fond, c'est une EPD selon la EN 15804+A2, avec un complément national. Mais depuis le 1er janvier 2025, INIES n'est plus membre d'ECO Platform et les nouvelles FDES ne portent plus le logo ECO EPD. Leur acceptation dépend donc du client, et une EPD publiée dans le programme du marché reste plus sûre.
Celui que lit le client. L'International EPD System, suédois, est le plus grand avec 12 749 EPD selon ECO Platform au 1er juillet 2026 et sert souvent hors d'Europe. L'IBU sert le marché allemand, EPD-Global la Norvège, le BRE le Royaume-Uni. Demandez au client la base ou l'outil qu'il utilise.
Souvent, oui. L'IBU exige une EPD en anglais pour la faire reconnaître en Norvège ou aux États-Unis, alors qu'une FDES est rédigée en français, avec un en-tête bilingue. Mieux vaut prévoir la version anglaise dès l'ACV, avec les règles de catégorie du programme visé.
Les frais de programme publiés vont de 220 € HT par FDES chez INIES, vérificateur en sus, à 2 700 € pour une vérification à l'IBU, vérificateur compris. EPD International facture 1 000 € la 1re EPD de l'année, plus une redevance annuelle de 515 à 2 575 €. L'ACV et, hors IBU, le vérificateur se paient à part.
L'IBU annonce 8 semaines dans l'idéal, mais environ 6 mois en période de forte demande, selon sa FAQ mise à jour en août 2024. Les autres programmes ne publient pas de délai. Mieux vaut réserver la vérification dès le lancement de l'ACV.
Cela dépend du programme. À l'IBU, le programme choisit lui-même le vérificateur et facture la vérification au forfait. Chez EPD International, EPD-Global ou INIES, le fabricant choisit un vérificateur approuvé ou habilité par le programme, indépendant de l'étude.