Par Guillaume Pakula · Publié le 5 octobre 2026
Une image générée par IA émet environ 1,3 gCO2e, l'équivalent de 9 mètres en voiture : 10 fois une question écrite. Son électricité représente 15 % d'une recharge de téléphone ; la « recharge entière » souvent citée portait sur le générateur le plus gourmand. Toutes études confondues, les mesures vont de 0,04 à 5 gCO2e, et aucune ne porte sur ChatGPT, Gemini ou Midjourney.
Générer une image avec une intelligence artificielle (IA) émet environ 1,3 gCO2e (gramme d'équivalent CO2) avec l'électricité moyenne mondiale, l'équivalent de 9 mètres en voiture. C'est la moyenne de l'étude la plus citée, publiée en 2024 : 2,9 Wh (wattheures) d'électricité par image. L'empreinte carbone d'une image générée par IA vaut ainsi 10 fois celle d'une question écrite à ChatGPT, et 31 fois moins que celle d'une vidéo de 5 secondes.
Toutes études confondues, les mesures publiées vont de 0,04 à 5 gCO2e par image ; sur une même machine, l'écart entre générateurs est de 1 à 46. Nous n'avons trouvé aucune mesure publiée par OpenAI, Google ou Midjourney pour leurs services : les valeurs disponibles viennent de modèles ouverts, dont le code est public, testés en laboratoire entre 2023 et 2025.
La mesure la plus citée vient de 3 chercheurs de Hugging Face et de l'université Carnegie Mellon. Ils ont fait produire 1 000 images à plusieurs générateurs ouverts : 2,9 Wh par image en moyenne, et 1,35 Wh pour le générateur médian (0,59 gCO2e), celui qui sépare les modèles testés en 2 moitiés, parce que quelques générateurs très gourmands tirent la moyenne vers le haut.
La mesure la plus basse, 0,04 gCO2e (0,086 Wh), est celle du plus léger des 17 générateurs testés en 2025 par des chercheurs de l'université de Florence, sur une carte graphique grand public. La plus haute, 5 gCO2e (11,5 Wh), est celle du générateur le moins efficace de l'étude de 2024, sur des cartes graphiques de centre de données. Entre ces 2 bornes, MIT Technology Review a estimé en mai 2025 un générateur récent, Stable Diffusion 3 Medium, à 0,28 gCO2e (0,63 Wh). Ces valeurs viennent de 3 protocoles différents : elles donnent l'étendue des mesures que nous avons relevées, un rapport de 1 à 130, sans classer les générateurs entre eux.
Une question écrite à un assistant, aussi appelée requête, consomme environ 0,3 Wh selon l'estimation d'Epoch AI, soit 0,13 gCO2e : une image moyenne en vaut 10. Une vidéo de 5 secondes, mesurée en 2025 sur le générateur ouvert le plus téléchargé, consomme 90 Wh, soit 39 gCO2e : elle vaut 31 images, ou 300 questions. L'impact environnemental de l'IA dépend donc d'abord de ce qu'on lui fait produire.
Google publie depuis août 2025 la consommation d'une question écrite à Gemini, soit 0,24 Wh. Pour les images, nos recherches du 2 octobre 2026 n'ont trouvé aucune donnée officielle chez OpenAI, Google, Midjourney ou Black Forest Labs, l'éditeur de Flux. L'écart avec les services commerciaux reste donc inconnu, dans un sens comme dans l'autre.
4 facteurs font varier le résultat : le générateur, la taille de l'image, le nombre de passes de calcul et l'électricité qui alimente les serveurs.
Les chercheurs de Florence ont testé 17 générateurs sur la même machine, avec la même carte graphique. Le plus léger consomme 0,086 Wh par image, le plus lourd 4,08 Wh : un rapport de 1 à 46. Le plus léger est un modèle conçu pour produire une image en quelques passes de calcul, ces étapes par lesquelles un générateur affine peu à peu une image de bruit.
Une image de 1 024 pixels de côté compte 4 fois plus de pixels qu'une image de 512. Dans la même étude, ce passage multiplie l'énergie jusqu'à 4,7 fois selon le générateur, et l'un des modèles testés y est insensible. Le nombre de passes joue en proportion : MIT Technology Review a comparé le même modèle à 25 puis à 50 passes, et la consommation double, de 0,63 à 1,2 Wh.
La même image émet 0,15 gCO2e si les serveurs sont alimentés par l'électricité française (51,9 gCO2e par kWh en 2024 selon la Base Carbone de l'ADEME), soit 8 fois moins qu'avec la moyenne mondiale. Avec l'électricité des États-Unis, qui émettait environ 370 gCO2 par kWh en 2023, elle pèse 1,1 gCO2e.
La comparaison vient de la première version de l'étude la plus citée, en novembre 2023. Elle écrivait que le générateur le moins efficace consommait autant que 950 recharges de smartphone pour 1 000 images, « près d'une recharge par image », en comptant 12 Wh par recharge. La phrase portait sur le plus gourmand des générateurs testés, et les reprises l'ont appliquée à toutes les images.
L'agence américaine de l'environnement (EPA), dont vient cette valeur, l'a révisée 2 fois en 2024. La version publiée de l'étude retient 22 Wh et parle d'« environ une demi-recharge » pour le générateur le plus gourmand ; la valeur en vigueur depuis octobre 2024 est de 19 Wh. Avec elle, ce générateur représente 60 % d'une recharge, l'image moyenne 15 % et l'image médiane 7 %.
Aucune étude ne mesure l'eau consommée par image. L'ordre de grandeur se calcule à partir de l'eau utilisée par kWh : Google déclare 0,26 mL pour une question de 0,24 Wh, soit environ 1,1 litre par kWh pour refroidir ses serveurs. À ce rythme, une image moyenne représente 3 mL. En ajoutant l'eau consommée pour produire l'électricité, 3,1 litres par kWh en moyenne aux États-Unis selon des chercheurs de l'université de Californie à Riverside, notre calcul atteint 12 mL, un peu plus de 2 cuillères à café.
Ce chiffre circule au moins depuis avril 2025. La plus ancienne occurrence que nous ayons trouvée, datée du 2 avril 2025, l'attribue à cette même équipe de Riverside, dont l'étude ne contient aucun chiffre par image : elle estime qu'il faut 500 mL d'eau pour 10 à 50 réponses écrites d'un ancien modèle. En juin 2025, le site espagnol de vérification Maldita constatait qu'aucune étude scientifique ne portait sur le sujet. La valeur basse, 2 litres, est 170 fois plus élevée que notre estimation haute. Les périmètres de ces mesures sont détaillés dans notre article sur l'eau consommée par l'IA.
Une personne qui génère 10 images par jour pendant un an émet 4,6 kgCO2e, un peu moins qu'un repas avec du bœuf (4,97 kgCO2e selon l'ADEME). Rapporté à l'empreinte carbone moyenne d'une personne en France, 8,2 tCO2e en 2024, ce poste en représente moins de 0,1 %.
Le 3 avril 2025, le directeur des opérations d'OpenAI, Brad Lightcap, a déclaré que plus de 130 millions d'utilisateurs avaient généré plus de 700 millions d'images depuis le lancement du nouveau générateur de ChatGPT, le 25 mars, selon TechCrunch : environ 80 millions par jour. Google a annoncé le 19 mai 2026 plus de 50 milliards d'images produites par son générateur, contre 5 milliards 7 mois plus tôt, soit environ 200 millions par jour sur la période, sans décompte indépendant dans les 2 cas.
Si chacune de ces 700 millions d'images avait consommé 2,9 Wh, ces 9 jours auraient demandé 2 GWh d'électricité et émis environ 890 tCO2e avec l'électricité moyenne mondiale : l'équivalent de 430 allers-retours Paris-New York. Pour les 50 milliards d'images de Google, produites en 9 mois environ, le même calcul donne environ 150 GWh, soit 0,03 % de ce que la France consomme d'électricité en un an. Ce calcul Projet Celsius repose sur une hypothèse forte : aucun des 2 services ne publie sa consommation, et leurs générateurs ne sont pas ceux que les études ont mesurés.
Nous classons 10 gestes, dont celui de générer moins d'images, dans réduire l'impact de l'IA, et nous examinons ce que publient 4 services d'IA dans quelle IA écologique choisir. Une entreprise peut compter ses images générées parmi ses achats de services numériques : voir notre guide sur l'IA dans le Bilan Carbone® et le calculateur d'empreinte carbone de l'IA.
À l'échelle du monde, les ordres de grandeur sont ceux de la consommation électrique de l'IA ; assistant par assistant, notre comparatif de ChatGPT, Claude et Gemini reprend ce que chaque éditeur publie.
OpenAI ne publie aucune mesure par image. Les générateurs ouverts testés en laboratoire consomment 2,9 Wh par image en moyenne, soit environ 1,3 gCO2e avec l'électricité moyenne mondiale, l'équivalent de 9 mètres en voiture. Les mesures publiées vont de 0,04 à 5 gCO2e, et rien ne permet de dire si le générateur de ChatGPT se situe dans cette fourchette.
Non : une image moyenne représente 15 % d'une recharge, soit 2,9 Wh contre 19 Wh. La comparaison vient de la première version d'une étude, en 2023, qui parlait du générateur le plus gourmand, à 11,5 Wh par image, et comptait 12 Wh par recharge. Avec une recharge à 19 Wh, ce générateur en représente 60 %.
Quelques millilitres : environ 3 mL pour refroidir les serveurs, et 12 mL en comptant l'eau utilisée pour produire l'électricité, selon notre calcul. Le chiffre de 2 à 5 litres par image, qui circule au moins depuis avril 2025, n'a pas de source identifiée.
Nous n'avons trouvé aucun classement des services commerciaux, faute de données publiées. Parmi 17 générateurs ouverts testés en 2025 sur la même machine, le plus léger consomme 46 fois moins que le plus lourd : 0,086 Wh contre 4,08 Wh par image. C'est un modèle conçu pour produire une image en quelques passes de calcul.
Nous n'avons pas trouvé de décompte mondial. OpenAI a déclaré plus de 700 millions d'images en 9 jours au printemps 2025, soit environ 80 millions par jour. Google a annoncé plus de 50 milliards d'images en mai 2026, contre 5 milliards en octobre 2025, soit environ 200 millions par jour sur cette période.